Le Death Note de Netflix : un Bashing injustifié

Tu le sens le gros débat dans les commentaires ? Moi oui.

Comment est-il possible d’être aussi peu ouvert d’esprit et obtus à la fois ? Si l’adaptation américaine diffusée par le géant Netflix du Film Death Note a soulevé moult appréhensions parmi les fans (ce qui est compréhensible), il subit aussi depuis de longs mois des accusations injustifiées quant à sa qualité alors qu’il ne sera disponible que le 25 août 2017 prochain. Retour sur ces condamnations présomptueuses, qui méritent qu’on y réponde une bonne fois pour toute.

Le syndrome Dragon Ball Evolution : il faut passer à autre chose

 

Sorti en Avril 2009, Dragon Ball Evolution a marqué aussi durablement qu’intensément dans l’esprit des otakus l’exemple même de l’adaptation américaine foireuse d’un manga culte. C’est pourtant oublié qu’il y a eu un avant et un après DBE aux Etats-Unis : North Star : La Légende de Ken le Survivant (1995) et Old Boy (2013) en tiennent une couche dans le genre. Alors pourquoi les fans restent-ils bloqués en 2009 ?

Le statut culte de Dragon Ball a généré chez les puristes des barrières psychologiques infranchissables, suite au traumatisme que le film a fait naître en eux alors que… Les américains se foirent depuis des décennies sur les adaptations d’œuvres japonaises, tous supports confondus (jeux vidéo, manga, anime). Et là j’ai envie de vous dire une chose : il serait temps de grandir et d’ouvrir vos yeux.

 

C’est moi Gokû ! Je te défendrai Death Note 2017 ! KA… ME… HA… ME… HAAAA !

 

Grandir parce qu’une adaptation foireuse d’une œuvre que vous appréciez ne va pas drastiquement changer votre vie quotidienne (oui je sais, vous n’y croyez pas mais c’est vrai) ; ouvrir vos yeux car si quelques réalisateurs ont clairement fait de la merde, d’autres s’en sont très bien sortis. Crying Freeman de Kazuo Koike (Lone Wolf and Cub, Lady Snowblood) et Ryōichi Ikegami (Heat, Sanctuary) s’est vu adapter aux Etats-Unis par Christophe Gans (Silent Hill). L’action passe de Tokyo à San Francisco et pourtant… C’est une sacrée réussite.

 

On peut aller un peu plus loin en s’attaquant aussi aux autres continents, car nos amis ricains ne sont pas les seuls à faire des daubes ou des réussites (je sais, je vous apprends encore un truc, décidément…). Les Japonais eux-mêmes sont en fait les premiers à se vautrer…. Devilman (2007) de Hiroyuki Nasu fut à sa sortie une sacrée tâche par rapport à l’œuvre originale… et plus récemment, les deux films de Shingenki No Kyôjin furent eux aussi hués par la communauté manga. Les succès sont eux aussi présents, Baby Cart : Le Sabre de la vengeance (1972) qui aura droit à 5 suites ; plus récemment, la trilogie de Kenshin le vagabond (initié en 2012) par Keisho Otomo.

La qualité de la réalisation : un aspect crucial mais oublié

 

Le grand souci des détracteurs de cette future adaptation, c’est qu’ils sont si obnubilés par l’univers du manga qu’ils oublient que leur média est loin d’être le seul à avoir souffert d’une adaptation peu flatteuse, voire au mieux proche du nanar. Côté comics, que penser de Spawn (1997), X-Men Origins Wolwerine (2009) ou encore du dernier reboot des 4 fantastiques (2015) ? On a aussi tendance à croire que les adaptations manga bénéficient d’un budget moindre et donc forcément d’une qualité en déça…. Mais en fait non.

Sin City de de Robert Rodriguez en 2005 bénéficiait d’un budget de 40 000 000 $, soit à peine 10 000 000 de plus que Dragon Ball Evolution. Ils ont tous deux la même société en charge des effets spéciaux : Hybride. Partant de ce constat, que faut-il penser ? Que les adaptations sont forcément toujours foireuses, ou bien que le problème est ailleurs ? Oui, il est définitivement ailleurs et le support ne peut être remis en cause ; on peut faire de bonnes ou de mauvaises choses, que ce soit avec du manga, du comics, ou des jeux vidéo.

Plusieurs paramètres vont ainsi jouer : le réalisateur, la qualité du jeu des acteurs, la direction artistique, le choix dans la prise de vue… et bien entendu, le matériau de base et la capacité à l’exploiter pleinement : nous ne pourrons être juge qu’à la sortie du film, nous ne savons pas le traitement qui a été opéré sur cette mouture 2017.

 

Une transposition réussie, il faut le reconnaître.

Petit aparté: Je me souviens des fragiles qui chialaient sur la première adaptation en film live de Death Note (2006) à cause des comédiens… Sans savoir que c’était coutumier au Japon de jouer ainsi avec exagération, car venant culturellement du théâtre Kabuki (mais n’allez pas croire que tous les acteurs  japonais le font). Il y a donc aussi la méconnaissance du public dans certains domaines culturelles, qui peuvent jouer dans l’accueil que l’on fait à un long-métrage qui fait transiter l’action d’un pays à un autre. Et clairement: le Japon, c’est très différent des Etats-Unis… Forcément, un choc des cultures a lieu. Est-ce forcément un mal ? Peut-on d’ores et déjà s’avancer pour dire que c’est peu judicieux ? Non, toujours pas.

 

Les spectateurs sont aussi très pointilleux en ce qui concerne le respect des personnages : que L soit noir, cela a soulevé des cœurs… ou bien suscité l’admiration. Que Light Turner ne soit pas la réplique de Light Yagami aussi. Il semble qu’il en faille peu pour vous mettre en PLS, alors j’ai envie de vous rappeler une chose avec deux exemples qui trahissent presque totalement leurs histoires d’origine sur bien des points et qui pourtant sont d’excellents longs métrages : Astérix et Obélix Mission Cléopâtre (2002) et Old Boy (2003). Parfois, c’est en trahissant l’originale qu’on le respecte encore le mieux… Et oui ! Et qui sait, le film va peut-être partir d’un Light « looser », pour atteindre un idéal plus proche de son équivalent japonais ? C’est ici aussi impossible à prédire avant le 25 août prochain.

Et si le Death Note de Netflix était fidèle au manga ?

 

Je sais qu’à la lecture du dernier titre de la dernière partie de ce billet, je vais en révulser certains, causer des crises cardiaques… et ce n’est pas plus mal quand je vois les commentaires de certains. Donc oui, je vous l’annonce : il se pourrait bien que ce long métrage respecte l’œuvre originale, plus qu’on ne voudrait bien le croire.

Alors oui, j’ai vu l’extrait comme tout le monde où Willem Dafoe (interprète du dieu de la mort, excellent du peu que j’ai vu avec une modélisation en 3D crédible) incitait Light à tuer… et où celui-ci choisissait une mort par décapitation. Bah moi je dis cool. Oui, oui, je trouve ça cool et respectueux du manga (bon, pas la décapitation j’avoue). J’affirme, j’insiste je persiste et je signe pour re-signer et vider le pot d’encre de mon encrier derrière, je suis un fou.

 

Vous souvenez-vous du chapitre pilote qui a permis à Death Note d’être prépublié (2003) ? Il mettait en scène un adolescent Tarô Kagami, qui rentrait en possession d’un Death Note… Contrairement à Light Yagami, il supporte mal d’avoir tué deux de ses camarades par mégarde (il est aussi plus jeune). Mais ce qui m’intéresse ici, c’est qu’un autre des camarades de Tarô utilise le Death Note à des fins personnelles afin de se débarrasser de ceux qui le brutalisent à l’école. C’est aussi Ryûk qui invite le jeune Taro à tester son cahier… Comme dans l’extrait diffusé. Je sais, tu es baba devant ton écran. Essuie ta bave stp quand même. Cet argument vaut aussi pour ceux qui disent que l’essence du manga risque d’être perdu… En fait, si on part de ce postulat, c’est le manga qui a perdu son essence (un héros mégalo et pas peureux, un shinigami qui ne prend pas parti…) et le film de 2017 qui le respecte le plus ! Paradoxal hein ?

 

De plus, quelle serait l’intérêt de mettre de nouveau en avant un Light génial et sûr de lui, capable de rivaliser avec L ? Nous l’avons déjà vu dans l’anime, le manga, les récap, le drama, les précédents films… Si il s’avère que Light Turner est moins doué que son homologue japonais, je serai ravi : L représentera un défi encore plus dur à surmonter, ses angoisses et sa façon d’agir seront plus proches du commun… En fait, il ne s’agit pas d’une meilleure approche, mais d’une façon différente de traiter ces deux personnages qui sont bien distincts. Turner n’est pas Yagami, il faut accepter ce métrage comme une œuvre à part qui s’inspire de DN, en tentant d’apporter sa propre pierre à l’édifice.

De l’aveu même de Adam Wingard (le réalisateur), plus il avançait dans le projet, plus il s’est rendu compte qu’il serait difficile de transposer l’univers japonais de DN aux USA. Gardez aussi à l’esprit qu’il y a un staff correct derrière: Masi Oka est producteur du film. Le gars qui jouait Hiro Nakamura dans Heroes, mais surtout qui a bossé sur les effets spéciaux des licences Star Wars, Pirates des Caraïbes et autre Terminator. Plus fort encore, Masi Oka a diffusé lors d’une séance privée le film auprès des mangaka Obata et Ohba… ils auraient adoré.
Pour conclure simplement: ce billet n’est pas là pour défendre Death Note 2017. Si vous le pensez, vous n’avez rien compris et je vous invite à tout relire. Il s’agit ici de tolérance avant tout: on ne juge pas un livre à sa couverture. Rien ne laisse présager une imminente catastrophe, soyons tolérants et attendons un peu avant de sortir nos claviers et nos trolls. Bisous.

 

 

3 réflexions sur “Le Death Note de Netflix : un Bashing injustifié

  1. Pingback: Le Death Note de Netflix : un Bashing injustifié | Netflix Québec

  2. Merci pour cet article !
    Très intéressant, j’ignorai qu’il y allait avoir un film US.

    Aucun préjugé pour ma part et dans ces conditions je me moque pas mal que ça respecte l’œuvre original tant l’univers lui reste quand même fidèle.
    Du coup ton avis me donne encore plus envie de le voir !

    Bon courage pour les prochains articles. ^^

  3. Merci pour ton article !

    Moi aussi ignorais tout de ce nouveau Death Note. Les frileux/ses oublient qu’une adaptation est une variation sur ~
    Comme tu l’écris, c’est ça qui est intéressant. Comment prendre ce matériaux, le manga Death Note, pour le réinterpréter. Je suis très attentive à l’histoire, à la scénarisation. Elle est au cœur du processus, avec la réal, le jeu d’acteurs, les moyens techniques (prises de vue, caméras…) etc.

    Attendons donc cette nouvelle mouture dans le calme et la tolérance ~

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