BLEACH: l’outsider déchu du Weekly Shônen JUMP

BLEACH © 2001 by Tite Kubo / SHUEISHA Inc.

 

Dans la famille des séries aux succès phénoménales qui se sont totalement vautrées au fur et à mesure des années je demande… BLEACH ! Le manga de Tite KUBO s’est achevé il y a de cela presque un an (le 22 août 2016) et vous l’aurez compris, c’est tant mieux. Celui qui talonnait Naruto et One Piece a donc fait ses adieux d’une bien médiocre façon et on va revenir sur les différents arcs de la série, afin d’étayer mon avis. Let’s go et forcément, attention spoilers !

Un démarrage plutôt sympathique: Arc Soul Society (tome 1 à 21)

 

BLEACH © 2001 by Tite Kubo / SHUEISHA Inc.

Ichigo est capable d’intéragir avec les esprits depuis sa plus tendre enfance, mais un jour les choses dégénérent lorsque lui et sa famille se font attaquer par un Hollow. Un shinigami, un être qui régule les attaques des Hollow pour les purifier (mais aussi qui guide les esprits bienveillants au paradis) débarque pour les défendre.

On nous explique l’existence de la Soul Society (équivalent du paradis), des shinigamis et des hollow, du Zanpakuto (sabre des Shinigamis), le tout en un seul chapitre… Et c’est pas plus mal, pour une fois qu’on ne perd pas de temps en palabre.

Devenue incapable de vaincre le hollow, Kuchiki Rukia transfert ses pouvoirs à Ichigo… Qui finalement, les conservera et s’avérera être un surpuissant combattant. les premiers chapitres vont donc zigzaguer entre le quotidien au lycée de Ichigo et sa vie de Shinigami, un bon moyen de présenter les futurs alliés (Ichida, Sado, Orihime). 

Conférer des pouvoirs de Shinigami à un humain n’est pas sans conséquence et c’est Rukia qui en fait les frais: elle est condamnée à la peine capitale par ses amis du Seireiteï. Ichigo ne l’entend pas de cette oreille et part avec ses compagnons/camarades de classe pour la délivrer… Car oui, ses potes ont des pouvoirs car ils sont en sa présence. Si, si, je suis sérieux. Je vous jure. Vraiment.

Que faut-il retenir de cet arc ? Il nous en dévoile bien plus sur la Soul Society, notamment l’ordre des capitaines et leurs fonctionnements mais c’est surtout le Bankaï qui fait son apparition, pouvoir ultime du shinigami ayant maîtrisé à la perfection son Shikaï. Shikaï: vraie forme de l’épée. Bankaï: super-pouvoir. Et là, le bât commence à blesser. 

BLEACH © 2001 by Tite Kubo / SHUEISHA Inc.

Certains combats sont splendides (Ichigo VS Kenpaïchi, Ichigo VS Byakuya surtout en anime), mais la plupart se résolvent à coup de vagues d’énergie surpuissantes: on se croirait dans Dragon Ball, mais sans aucun détails dans les décors ! Beaucoup de boum, peu de précision dans le découpage de la plupart des mouvements…. mais heureusement, le rythme est excellent et le dessin s’améliore.

On retiendra aussi le meilleur entraînement de la série, le seul qui nous donne un peu de détail sur le power-up de Ichigo (rencontre avec Zangetsu).Le dosage entre l’humour, l’action et les chapitres plus axés sur les émotions est parfait: c’est donc une introduction réussie bien que la Soul Society fasse penser au paradis de Dragon Ball (1984) ou encore à celui de Yu Yu Hakusho (1990).

L’autre problème, c’est que Ichigo n’a aucun but et c’est un sacré souci pour un héros de shônen: il n’est vraiment là que pour remplacer Rukia, sa marge de progression personnel est donc d’emblée limitée puisqu’il se retrouve mêlé à tout cela un peu par hasard.

Le bonus: le pétage de plomb de Kurosaki fils qui semble posséder en lui une deuxième entité qui lui fait revêtir un masque de Hollow… et qui le fait dépasser comme jamais ses aptitudes physiques. Ah ! Y a aussi un capitaine à forme canine bipède, mais on ne vous en dira rien avant l’arc final, donc il faut juste l’accepter. Vous verrez, le mangaka kiffe faire cela OKLM.

Je terminerai là-dessus: la plupart des capitaines sont très classes et les personnalités si diverses qu’il sera facile de trouver son préféré. En revanche, ces second couteaux n’en restent pas moins des caricatures: le gamin « génie » Hitsuguya, le bourrin surpuissant (Kenpaïchi), ect…

La conclusion parfaite: l’arc des Arrancars (tome 21 à 48)

 

Après les événements de la Soul Society, Rukia est pardonnée, Ichigo reconnu comme étant le Shinigami représentant sa propre ville et Aizen est désormais la cible à abattre. A mon sens, il s’agit là du meilleur arc de Bleach: l’apparition des Vizards, shinigami pouvant faire appel à la puissance des Hollow, est assez cool. Leur background est en plus intéressant à suivre, sûrement l’un des meilleurs flashback de la série.

Tous les copains de Ichigo ont bien progressés, grâce à l’entraînement de Kisuke Urahara (que l’on ne voit pas, mais bon) dont on découvrira enfin la véritable identité… Non parce que pendant le premier arc, le gars est en charge de confier des enveloppes corporelles à Rukia, il peut créer un passage vers la soul society et on ne nous explique même pas pourquoi…

Aizen a pour but de devenir un être qui transcende à la fois les Shinigamis et les Hollow, via l’utilisation du Hyôgyoku (sphère qui contient les pouvoirs de ces deux entités, créée artificiellement). Orihime étant nécessaire à la réalisation de son plan, il la fait enlever… Ichigo part une seconde fois à la rescousse de l’une de ses amies, histoire de faire original.

BLEACH © 2001 by Tite Kubo / SHUEISHA Inc.

S’ensuit donc un « entraînement » afin que Ichigo contrôle son pouvoir de Hollow, puis de la bagarre avec les espadas (des Hollow si puissants qu’ils sont dotés d’une personnalité propre), puis ça blablatte sur la vie dans le Hueco Mundo (monde des Hollow où Aizen a élu son siège)…. Et le papa de Ichigo s’avère être un shinigami surpuissant, on en apprendra plus pendant l’arc final, là il faut juste accepter l’information (ENCORE UNE FOIS).

C’est narrativement n’importe quoi, ça part dans tous les sens et Ichigo n’a toujours pas de personnalité, MAIS: les combats sont speed et plaisants même si il n y a que des explosions partout, Kurosaki fils a la classe et certains Bankaï ont le mérite d’être aussi esthétiques que travaillés. Je vais me répéter, mais Kubo s’améliore grandement dans le dessin durant cette partie, encore une fois au niveau des visages.

Les meilleurs moments: les combats forcément… Ichigo VS Grimjow, Ichigo VS Ulquioria et le combat Final Ichigo VS Aizen… les autres affrontements sont aussi bien chouettes à suivre, mais ceux-là restent un cran au-dessus. La conclusion aurait d’ailleur servi de fin parfaite à la série: défaite du boss, perte des pouvoirs de shinigami pou le jeune lycéen… et clap de fin ! Un peu comme ce fut le cas avec Black Cat, la boucle était bouclée… Mais… non.

Le retour en demi-teinte: L’arc des Fullbringers (tome 48 à 54)

 

Ichigo est le seul a avoir perdu ses pouvoirs de Shinigami après sa victoire sur le terrible Aizen. Ses amis prennent désormais le relais dans la chasse aux Hollow, Ishida le Quincy en tête. Tout semble aller pour le mieux, même si le héros est embêté de ne plus pouvoir soutenir ses amis, il mène une existence paisible à l’école tout comme à la clinique familiale.

Il va alors faire la connaissance des Fullbringers: des humains dôtés de pouvoirs conférés par les Hollow, car leurs mères avaient été attaquées par ces derniers tout en y réchappant alors qu’elles étaient enceintes. Ils lui proposent de regagner ses pouvoirs de Shinigami, en arpentant la voie du Fullbring… Et je dois l’avouer: c’était vraiment cool ce concept.

Un objet permet d’activer les pouvoirs latents du Fullbringer: un jeu vidéo, un livre… Pour Ichigo, ce sera son symbole de Shinigami qui permet d’utiliser son célébrissime Getsuga Tensho. Le concept de cet arc n’était pas que cool, l’ambiance en elle-même changeait radicalement: c’était noir avec un côté trhiller très plaisant qui s’immisçait dans le récit, nous faisant sentir que l’ancien shinigami était en danger permanent.

 

BLEACH © 2001 by Tite Kubo / SHUEISHA Inc.

 

On sous-entendait aussi que Karin Kurosaki (la soeur de Ichigo) prenait la relève en tant que Shinigami remplaçant, notamment lorsqu’elle rendait visite en secret à Kisuke Urahara ! Pourtant, toutes ces bonnes idées semblent ne pas avoir séduits le public, puisque l’arc Fullbring a été avorté TRÈS rapidement.

Malgré des personnages intéressants et cette tentative de renouveau, on plonge finalement tout droit dans un Deus Ex Machina des plus irritants: Ichigo se fait subtiliser la totalité de ses pouvoirs de Fullbringer, mais ses amis Shinigamis viennent lui accorder à nouveau sa puissance d’antan en le transperçant d’un bon coup de Zanpakuto: comment ruiner le concept d’un arc en une case.

Le grand méchant est vaincu en deux temps trois mouvements et il faut accepter, once again, que la piste exploitant Karin est totalement eclipsée comme si de rien n’était. Un arc rafraîchissant, avec de nouveaux personnages hauts en couleur, mais gâché par son final à côté de la plaque !

La chute: L’arc des Quincy ( tome 55 à 74)

 

Voici l’arc final qui a tué Bleach à petit feu, qui a fait souffrir les fans du monde entier alors qu’il avait tout pour offrir une conclusion des plus correctes. Ichigo a retrouvé ses pouvoirs et devinez quoi ? Les Quincy sont de retour et déclarent une guerre totale à la Soul Society: à leur tête, Yhwach, à l’origine de la précédente guerre qui a causé la perte de presque toute cette faction il y a 1000 ans.

C’est une bonne idée de mettre en avant les Quincy, sauf que… nous n’apprenons rien de plus sur eux. On peut découper cette partie en 3 grands axes: l’attaque du Seireitei, la nouvelle révélation sur les origines de Ichigo et le combat final. L’attaque du Seiretei est sûrement la plus réussie, ça bouge dans tous les sens et c’est pêchu, c’est l’occasion de voir le big boss du Gotei 13 Genryūsai Shigekuni Yamamoto utiliser son Bankaï et on ne va pas s’en plaindre, même si il perd comme une merde en deux secondes, sans honneur.

Pour les nouvelles racines de Ichigo… Après avoir été un shinigami, un Vizard, un Fullbringer, il est en plus… Un Quincy. On aurait pu se contenter de ses origines de Shinigami avec l’apparition surprenante de son père venu le sauver durant l’arc du Hueco Mundo mais non, il fallait en rajouter une derrière couche. Et on ne va pas s’arrêter là…. car il est aussi un Saiyajin. Non je déconne, ne partez pas, lisez la suite !

 

BLEACH © 2001 by Tite Kubo / SHUEISHA Inc.

 

Zangetsu n’est pas celui que l’on croyait: il est la représentation du roi des Quincy (Yhwach), dont il emprunte l’apparence… et c’est tout. Revenons à nos moutons: Ichigo s’est fait briser son épée lors de sa confrontation face à son « vrai » père, ce sera l’occasion de nous présenter la garde royale, à l’origine de beaucoup de choses dans la Soul Society (Nom des Bankaï, création des Zanpakuto, des tenues…). Leur but: requinquer les capitaines après une cuisante déculottée.

Moment cool: Ichigo refait forger son Zanpakuto, devenu une double épée, promesse de combats rafraîchissants qui n’arriveront jamais et surtout symbolique (Hollow/Quincy et Shinigami, les deux Zangetsu, ect). Car après cela, les combats pour renverser le nouveau grand méchant vont avoir la mauvaise idée de se croire dans Hunter x Hunter: tous les personnages vont se mettre à penser la moindre de leurs actions, à en parler avant de la mettre en place.

Habitué à la dynamique de la série, je suis personnellement tombé d’ennuis devant tant de dialogues ! Là où HxH a l’intelligence de les rendre passionnants grâce à son aspect intellectuel, ceux de Bleach ne réservent aucune surprise car se déroulant sans finesse. Quelques points positifs tout de même: ce sera l’occasion de voir les Bankaï de certains, notamment celui de Kenpaïchi.Le duel final est bouclé en quelques chapitres et c’est avec soulagement que l’on repose le tome 74 , qui a marqué la fin de ce que l’on est supposé accepter comme étant la conclusion.

Bleach est un manga rempli d’incohérences et de bourdes narratives, avec un héros sans but pourtant très charismatique. Les deux premiers arcs ne sont pas exempt de défauts (et de personnages plus ou moins utiles), mais se suivent très facilement et sans déplaisir. Si l’arc Fullbringer amorce la déchéance, c’est le final qui finit d’assassiner un manga dont on aurait gardé un meilleur souvenir si il s’était arrêté au tome 48. Vous savez désormais où vous arrêter pour ne pas être fâché avec Tite Kubo. Reste que le dessin est excellent, Kubo est un bon illustrateur mais un mauvais scénariste.

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