Speed Grapher, cliché ?

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© by GONZO / Déclic Images

 

 

Gonzo est un illustre Studio d’animation qui sait faire les choses bien, voire très bien. Last Exile fut à sa sortie l’aboutissement et la perfection que se devraient à mon sens  de rechercher tout anime : animation fluide, scénario aux petits oignons et bande son unique, servis par des personnages intéressants et profonds, avec un univers onirique et une 3D alléchante. Mais Gonzo sait aussi parfois faire les choses moins bien, beaucoup moins bien. Et cette purge vers le mauvais goût va très loin, donnant naissance au nauséabond Speed Grapher, arrivé chez nous directement en coffret DVD en 2010.

Photo Photo !

 

Tatsumi Saiga est un ancien photographe de guerre, qui gagne désormais sa vie en tant que freelance. On lui confie la mission d’enquêter sur une secte qui serait à l’origine de l’assassinat de politiciens, opposés à une loi pharmaceutique. Cette secte/club organise des soirées durant lesquelles une « déesse » (Kagura, une ado de 15 ans) embrasse les invités, leur conférant parfois des pouvoirs. Saiga est bien vite repéré par l’assemblée et par un concours de circonstance, reçoit au cours de son espionnage la galoche de sa vie… Il est désormais capable d’exploser tout ce qu’il prend en photo…

 

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© by GONZO / Déclic Images

 

L’univers glauque et malsain dans lequel évoluent les acteurs de Speed Grapher (2005) aurait pu être le point fort de la série, mais il s’avère ici être son talon d’Achille. Utilisé à outrance, les scènes de sexe aussi médiocrement animés  que le reste de la série n’apportent aucun intérêt réel.  Elle la vulgarise, tout au plus. Entre des pelotages à tout va, des prostituées qui font « Huuu, DADA » sur les cuisses de politiciens véreux, on ne sait plus si l’on doit être gêné par tant de maladresse scénaristique ou consterné devant un spectacle si pitoyable. SG voulait choquer, SG n’arrive qu’à affliger.

Une véritable déception dans la mesure où le studio produisait la même année des animes aujourd’hui cultes : Chrno Crusade, Full metal Panic… ou encore le célèbre clip du groupe de Nu-Metal Linkin Park : Breaking The Habits, visuellement explosif et bluffant, là ou SG est navrant et désolant.

Le 10 ème cercle : l’aberration

 

La redondance s’installe rapidement : Saiga n’aura de cesse de vouloir sauver Kagura des griffes de cette secte, ce qui l’amènera à combattre différents membres du club à leur poursuite. Et là, on se croirait face à un épisode de Smallville. Un monstre fait son apparition. Saïga le bat. Et le cycle se répète presque jusqu’à la fin.

Ces méchants qui se suivent et s’enchaînent  connaissent des métamorphoses physiques absolument hideuses et peu crédibles : mention spéciale au premier ministre, le plus ridicule. Si les personnages en valaient la peine, passe encore… Ils sont hélas aussi vides que le budget qui semble avoir été octroyé à SG. Kagura est insipide, un vrai pot de fleur inutile. Saïga a eu le mauvais goût d’emprunter sa coupe de cheveux au chanteur « M » même si je lui accorde un passé intéressant… Quant au grand méchant, il est évidemment très convenu.

La bande-son de Mitsumune Shinkichi donne la vague sensation d’être issu de films de Marc Dorcel, une vraie déception quand on sait que ce dernier s’est occupé du génial Fuli Culi… Un regain de qualité s’opère à partir de l’épisode 17, mais rien de folichon.

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© by GONZO / Déclic Images

 

 Sugishima Kunihisa Le réalisateur, est surtout connu pour son travail sur Beyblade et Yu-Gi-Oh… Un choix peu judicieux de la part de Gonzo, comme le démontre les 24 épisodes de SG qui s’en serait mieux sorti avec un format plus court. En même temps, la transition des jeux de toupies et de cartes à un univers porno glauque a dû être rude.

 

 Le studio a déjà eu de la « casse » au niveau de ses réalisations mais confiait ses projets à des valeurs sûres. Maeda Mahiro par exemple s’est chargé de Final Fantasy Unlimited mais demeurait au préalable connu pour son travail en tant qu’animateur clé sur des œuvres du Studio Ghibli, sur les films d’Evangelion… C’est aussi le papa de la revisite du comte de Monte-Christo, Gankutsouu, immense succès au parti pris graphique déroutant mais original.  Il faut croire que Speed Grapher est une erreur de parcours pour le studio.

Courage… Fuyons !

 

SG a vu le jour et on ne comprend pas très bien pourquoi : plat et inconstant, cette histoire de secte bancale basée sur la cupidité humaine est très vite desservie par une animation de piètre qualité, une bande son que l’on oubliera bien vite et des héros sans charisme.

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