Suis-je devenu un vieux con ?

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WELCOME TO THE N.H.K © Tatsuhiko TAKIMOTO 2004, 2007 © Kendi OIWA 2004, 2007 / KADOKAWA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD., Tokyo

 

Quel genre de fan suis-je devenu avec les années ? Je vais essayer à travers ce qui sera une introspection empirique, qui touchera j’en suis sûr beaucoup de monde, tenté de déterminer pourquoi je porte un regard presque aigri sur le monde actuel du manga et de la japanimation.

Je suis tombé dedans, comme Obélix…

 

A l’instar du célèbre personnage créé par Uderzo et Goscinni, je suis tombé dans la marmite manga quand j’étais petit. Ce n’était d’ailleurs pas vraiment de mon fait : en effet, entre les multi-rediffusions à la TV, les copains de l’école qui ne juraient que par Dragon Ball (que ce soit l’anime ou les cartes)… Je suis né à une époque où l’effervescence était telle que, que l’on aime ou pas, on ne pouvait pas passer à côté de ce phénomène.

Ma famille ne m’a pas vraiment aidé à me désintoxiquer : entre un père fan de Akira qu’il louait tout le temps dans son vidéo club et de City Hunter dont il adorait les frasques ; et une maman qui m’achetait régulièrement les volumes de la première édition de Dragon Ball éditée par Glénat, il a été difficile de ne pas succomber. N’oublions pas d’évoquer ma tante fan de Goldorak et d’Albator histoire de sceller mon destin de futur otaku.

 

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© by MURATA Yûsuke / Shûeisha

 

Il y avait aussi  le cousin qui enregistrait La quête de Daï, Saint Seiya, Ranma 1/2 sur cassette et qui passait ses après-midi à me « discipliner » en me montrant chaque épisode. Il n’a pas non plus omis de me faire jouer à tous les jeux de type « manga » qu’il possédait, de Dragon Ball Final Bout à d’autres, bien meilleurs.

Comme vous l’aurez compris, je ne suis pas naturellement venu au manga, c’est lui qui s’est glissé dans mon quotidien. A tel point que je me demande si cette passion, aujourd’hui réelle, n’a pas été au départ « forcée » par tous ces facteurs d’influences. C’est donc ainsi que j’ai fini par me consacrer en grande partie à ce média la quasi-totalité de mon enfance et adolescence.

Dragon Ball, la première lecture idéale

 

Je ne vais évidemment pas faire dans l’original, mais c’est avec Dragon Ball que tout a commencé. Ce fut une découverte à bien des niveaux, du haut de mes 6 ans. Pour moi, Dragon Ball n’existait pas : il n y avait que l’anime de Dragon Ball Z. Aussi, je ne comprenais pas l’absence de la dernière lettre de l’alphabet dans le titre de l version papier ; et je m’étonnais de ces nombreuses différences.

L’histoire commençait alors que Gokû était enfant, il ne se transformait pas (encore) en super sayen et ses aventures étaient jalonnées d’un humour parfois coquin dont je parlais à ma mère… Car j’avais la sensation que c’était mal de voir Bulma montrer ses fesses comme ça. Oui, j’étais un enfant très pur, ne vous moquez pas, cette époque est révolue.

Le format des mangas permettait une dynamique que ne possédaient pas les BD franco-belges que je lisais, à savoir Tintin et Astérix. L’aspect noir et blanc revêtait un charme inédit pour moi, habitué à la couleur… et le ton épique, l’action omniprésente, ont rapidement conquis le petit garçon que j’étais.

 

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DRAGON BALL © 1984 by Bird Studio / Shueisha Inc.

 

La narration gagnait aussi en intensité au fur et à mesure, me rendant complètement accro aux aventures de la team Z. On passait d’une œuvre à l’humour burlesque, à un nekketsu qui finissait par nous parler de voyage dans l’espace, dans le temps et de techniques ultra puissantes.

Le manga d’Akira Toriyama s’est imposé comme une indétrônable référence, ce qui m’a donné envie  de rechercher un plaisir similaire chez d’autres auteurs. Cette période de découverte a duré des années et j’ai lu du Takehiko Inoue, du Tsukasa Hôjo, du Ken Akamatsu, du Tezuka Osamu…  Je me suis construit une base solide en lisant et voyant plus tard des animes, tous plus cultes les uns que les autres.

Un renouveau introuvable, une indulgence à reconquérir

 

Les années ont passé et j’ai fini par devenir adulte. Le manga a été plus qu’un divertissement pour moi, il est devenu une partie de ma vie. C’est un refuge dans les moments difficiles, une petite partie de mon budget mensuel mais aussi l’un de mes plus grands plaisirs. Malgré tout, la lassitude a fini par s’installer.

Ma passion s’est-elle émoussée ? Je ne crois pas. Est-ce que je lis trop de manga, au point d’en être un peu écœuré ? Non plus. Le problème, c’est que je n’ai pour ainsi dire lu que des titres de grandes qualités et, pour la plupart, des précurseurs dans leur genre. Mon indulgence s’en est trouvée donc grandement diminuée, au point que j’accorde peu de chance aux nouveaux venus.

 

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© Kagami YOSHIMIZU / Lucky Paradise

 

Difficile de rehausser à mes yeux le niveau de toute une époque : la mienne. Oui, je pense que les mangas, c’était mieux avant. Ou tout du moins, disons que mon aigreur m’empêche de penser autrement ces derniers temps. Certains appellent cela la nostalgie…. Mais j’ai bien conscience que les mauvais mangas existaient déjà et existeront toujours.

Aujourd’hui, comment ne pas remarquer avec toutes mes lectures et visionnages des ficelles bien trop utilisées  (Assassination Classroom, c’est un mix entre GTO et Battle Royal… OUI C’ EST-CE QUE JE PENSE)? Comment gommer ce désagréable moment où je me dis « Mais… c’est du déjà-vu » ? Comment vais-je faire pour redevenir celui qui découvrait avec plaisir ? D’autant plus que mon emploi du temps de papa exige des auteurs qui ne me décevront pas.

Alors quelle est la solution face à cela ? J’essaie d’être le plus objectif possible. Si j’avais eu 15 ans en 2015, peut-être que certaines œuvres modernes m’auraient fait plonger dans le manga. Je me tiens éloigné des nouveautés et je suis les valeurs sûres (Vinland Saga en est un exemple). J’ai aussi décidé de mettre le blog un petit peu en « pause » et de me consacrer à d’autres médias, avant de revenir plus en forme en 2016. Il vaut parfois mieux faire des détours pour revenir avec une passion ravivée, que d’en venir à vouloir mettre un terme à sa passion comme cela a bien failli m’arriver. Pour terminer, je vous souhaite à toutes et à tous de bonnes fêtes de fin d’année auprès de vos proches.

 

Une réflexion sur “Suis-je devenu un vieux con ?

  1. Je comprend qu’aujourd’hui les mangas ont un goût de « déjà-vu » qui peut lasser plus d’un lecteur de manga expérimenté. Le pire c’est que c’est pareil partout dans tous les genres de mangas, et il est difficile de ne pas se dire « Tiens, comme dans X, comme par hasard… ». Je pense qu’après ce qu’il faut c’est effectivement prendre un peu de recul. Personnellement, j’essaye de voir ce qui fait la touche de différence avec les plus anciens du genre, de voir s’il n’essaye pas un autre point de vue, là où ça pourrait être intéressant de rester un peu au lieu de le classer comme « copié-collé ». Mais rares sont ceux qui arrivent à sortir du lot, malheureusement…

    Je me tend de plus en plus vers les webcomics au style manga que vers les sorties actuelles, j’avoue. L’auteur a tendance à être plus ouvert vers la critique dans ce cadre là, justement…

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