Racaille Blues, entre baston et émotion

Belle brochette de voyous !

 

 

Quels sont les ingrédients qui font le succès des shônen populaires aujourd’hui ? Les super-pouvoirs, un héros puissant qui va constamment dépasser ses limites avec un zeste de fan service. A dire vrai, la recette est resté inchangée depuis des années : pourquoi faire quand c’est une formule qui marche ! On peut alors s’étonner qu’un titre comme Racaille Blues ait pu faire les beaux jours du Weekly shônen Jump de 1988 à 1997. 42 tomes de pur bonheur et surtout 42 tomes comme Dragon Ball ! Retour sur un succès oublié.

Il était une fois la réalité  

 

Masanori Morita est un mangaka au parcours ordinaire : il débute ses premières planches alors qu’il est encore au lycée et fait ses premières armes aux côtés de Tetsuo Hara sur Hokuto No Ken en 1984. Après être passé par la case assistant, Morita parvient à se faire sérialiser en 1988, à peine 4 ans après son entrée dans l’univers très sélectif du JUMP.

Les lecteurs découvrent Racaille Blues, une œuvre ancrée dans le quotidien d’un lycéen bagarreur, stupide mais doté d’un sens de l’honneur exceptionnel. Ici, pas de superpouvoirs ou d’héroïnes aux seins surdimensionnés, juste des lycéens presque tout ce qu’il y a de plus banal. A cela près que le quotidien de Taison Maeda (un clin d’œil au fameux boxeur professionnel) est fait de baston et ceci, bien malgré lui.

Taison et ses meilleurs amis, Yoneji et Katsuji.

 

 

Sous ses airs de dur à cuir, notre héros n’aspire qu’à un rêve un peu fou : celui de devenir champion du monde de Boxe, en raflant la ceinture de toutes les catégories. Cependant, son envergure et surtout, sa force démesurée finissent inéluctablement par faire parler de lui. Dans le monde des furôs, le clou qui dépasse se fait taper immédiatement.

Alors que toute une armée de voyous finit par se rallier à lui, charmé par son charisme, Taison doit à la fois gérer sa vie de lycéens et assumer son rôle de « caïd » du bahut. Le manga propose aussi des chapitres nommés « Racaille bleu » où les personnages se voient caricaturés leur physique et leur comportement au maximum, dans un but humoristique.

RB possède  3 niveaux de lecture. Dans un premier temps, c’est un manga de baston violent et sans concession. Il fait aussi partie du genre Slice of life, car s’attardant sur le quotidien du héros et celui de son entourage. Et un niveau de lecture auto-parodiant l’œuvre en elle-même, en jouant sur les caricatures présentes (timidité maladive de Chiaki, ridicule de Nakata, ect) dans l’histoire même.

 

De la morale et un dessin percutant

 

Tout le sel de RB réside dans ses personnages et le trait de Masanori Morita. Ne pouvant apporter à son récit aucune touche fantastique, l’auteur a dû miser sur sa bande de racailles et a fait plutôt fort. Taison Maeda s’avèrera être un personnage profondément bon, attirant ses camarades plutôt par son cœur que par sa force.

Cette capacité à « délivrer » le cœur de ses amis/ennemis est la clé de l’histoire. Chaque protagoniste est amené à se souvenir de son passé face à Maeda et à l’affronter. Affronter le passé pour mieux marcher vers l’avenir résume parfaitement RB. La force et la crainte peuvent devenir des freins, là ou l’espoir et le cœur ouvrent les portes de l’avenir.

Ces messages parsemés dans le manga font mouche, dans un monde où seule la loi du plus fort prévaut. Maeda est finalement l’antithèse de ses ennemis, bien que les ramenant dans le droit chemin par la force. La psychologie tient une place importante tout au long des 42 volumes, aussi est-il important de se préparer à lire pas mal de choses.

 

Les 4 empereurs sont les caïd les plus forts de Tokyo

 

 

Car entre deux insultes et trois mandales, Morita tente d’expliquer certaines choses : ces bons à rien ne sont pas si mauvais… Certains sont malheureux, d’autre perdus face à l’avenir. Le Japon est un pays au système éducatif stricte, voire cruelle et le taux de suicide y ait le plus élevé dans le monde. Cette période transitoire qu’est la baston peut y être vue comme un refuge temporaire, avant de rentrer de plein pied dans la vie adulte.

Seul Chiaki et le corps professoral imposent quelques limites à ces délinquants… Limite vite oubliée au profit de l’honneur, qui doit toujours être. Au nom des amis « tombés », blessés au combat. Rien ne compte plus pour ces héros que l’amitié et l’amour, voilà leur vrai combat. RB, c’est en fait beaucoup de tendresse ! Une main de fer dans un gant de velours, c’est presque ça RB.

Tout ceci n’aurait pas la même mesure sans le superbe dessin de Morita. L’amélioration se voit nettement au fur et à mesure des volumes : ombre et lumière améliorées, gros travail sur les ombres, expressions réalistes… Tout est fait pour donner le maximum de densité à la troupe du fier lycée Teiken. RB, ce sont des personnages classes pour une morale splendide. Pour peu que l’on aime le genre furyô, on fait rapidement fît des répétions inhérentes à ce genre de scénario.

 

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