Les hors-sujets dans la Japanimation

 

Plus les années passent, moins je consacre de temps à ma passion d’otaku. C’est un fait : je n’ai plus le temps de me nourrir d’anime en tout genre. Alors que j’avance au compte goutte dans chacune de mes séries (à savoir Saint Seiya et City Hunter), une question me taraude et trotte dans mon esprit… Quelle est l’utilité des épisodes hors-sujets ? Et si cette question a une réponse qui peut paraître évidente, on peut se demander comment ces derniers ont évolué jusqu’à aujourd’hui…  Un petit zoom sur la question ?

 

Hors-sujet : les origines

 

Appelés généralement Hors-sujets, on les surnomme aussi les « filler », directement issu du vocabulaire anglo-saxon (to fill= remplir, merci pour la leçon toussa toussa). Tout est donc dans le nom : un HS est un épisode qui est là pour remplir/combler une série d’animation. Oui, bon, d’accord… Mais quelle vide Sherlock ?

Les séries à succès et plus particulièrement les blockbusters shônen (Naruto, Dragon Ball, One Piece)  atteignent parfois une telle popularité qu’une adaptation animée suit presque immédiatement un an après leur publication. Il arrive systématiquement que la production de l’anime rattrape bien vite son format d’origine… Comment faire lorsque l’on se retrouve dans cette impasse ?

Bingo : on fait appel aux HS… Ces épisodes ont donc pour premier but de laisser le temps au mangaka d’avancer la trame de son scénario, assez pour que l’anime puisse reprendre le plus vite possible. Mais les filler n’étant pas des épisodes prévus, ils font bien souvent l’objet d’un budget amoindri et par effet de cause, sont d’une qualité moindre par rapport au reste de la série.

Le chevalier de la méduse dans Saint Seiya !

Cependant, il arrive aussi qu’un succès imprévu contraigne les équipes en charge d’un anime à produire des filler pour assurer la pérennité d’une série. Ce fut par exemple le cas de Nadia et le secret de l’eau bleu (Gainax, 1990), qui dû bricoler les fameux épisodes de l’île afin d’étendre sa durée de diffusion… Au grand désarroi des fans.

On dénombre plusieurs types de filler : ce que je considère HS à 100% et ne font pas du tout partie du manga… Ceux qui sont HS tout en se reposant sur des bases de l’histoire, les flashbacks (ou résumé).  Pour répondre à la première question soulevée dans cet article, l’utilité de ces épisodes est avant tout commerciale : on génère de l’argent à moindre coût grâce à un public conquis qui regardera les filler, même si ils sont moins bons.

 

Les hors-sujets d’hier et d’aujourd’hui

 

Si les épisodes filler ont toujours servi (et serviront toujours) à permettre au mangaka de continuer son récit, ces derniers ne rendent pas nécessairement toujours service à l’œuvre. Prenons pour exemple City Hunter (1987, Sunrise). La plupart des HS s’imbriquent parfaitement à l’histoire originale et sont assez recherchés.

Cependant, le staff s’est permis certaines libertés en faisant de Ryo un tireur inébranlable même en plein vol… Alors que le manga, au fur et à mesure de sa publication, nous révélera que ce dernier en est phobique au point de perdre tous ses moyens ! Difficile de ne pas tiquer au visionnage aujourd’hui, la maladresse fait un peu tâche.

La première adaptation de FMA fut un succès.

Mais l’erreur est-elle plus pardonnable que le mauvais goût ? Saint Seiya (1986, Toeï Animation) en a hélas fait les frais… A peine 10/15 épisodes d’histoire, les fillers prennent place durant une bonne trentaine d’épisodes. Hyogâ se verra donc inventer un maître, Seiya combattra les chevaliers poissons et fera même la connaissance des chevaliers d’acier.

Mais c’est aussi dans cette même série que l’on retrouvera l’arc d’Asgard, l’un des préférés des fans Français et 100% HS. Entre de bonnes mains, le filler peut donc même devenir quelque chose de positif, ce que l’on a pu découvrir grâce à Canal + à une époque… avec GTO (Pierro, 1999). La série s’achève sur de l’inédit mais apporte une conclusion correcte, qui a satisfait les spectateurs. Pour preuve, l’anime de GTO jouit encore aujourd’hui d’une forte popularité.

Mais c’est Fullmetal Alchemist (Bones, 2003) de Shô Aikawa qui remporte la palme pour moi : après avoir adapté fidèlement les 4 tomes sortis à l’époque, le réalisateur s’empare du titre qui devient un excellent serie filler (une série essentiellement basée sur des HS). Scénario, budget, tout y est ! Alors que sont devenus les HS aujourd’hui ? Sont-ils les nanars de la Japanimation ou bien peut-on, au contraire, en tirer le meilleur ? Seul l’avenir nous le dira…

 

2 réflexions sur “Les hors-sujets dans la Japanimation

  1. Un article sur les fillers ! C’est une bonne idée d’en parler. Tu évoques les shōnen manga mais ça touche aussi les shōjo manga, tu sais ? Moi, je déteste les fillers >< Même s'ils sont de bonne qualité, je vis ça comme une trahison à chaque fois. Surtout quand ça donne une original anime story à contresens du manga.

  2. J’avais aussi adoré FMA, (sans savoir que c’était des fillers à l’époque, car n’ayant pas lu le manga ^^)
    Mais dans les shônen, j’ai horreur de ça, les regarder était vraiment un supplice dans Naruto ou Bleach par exemple… Avant que Naruto ET Bleach deviennent eux-même un supplice à suivre =P

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