Breaking Bad

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C’est en pleine grève des scénaristes américains que Breaking Bad voit le jour en 2008, de l’imagination de Vince Gilligan. Avec seulement 7 épisodes pour convaincre le public de la chaîne AMC (The Walking Dead, Mad Men), la série démarrait avec un fort handicap. Pourtant, le succès sera au rendez-vous et tiendra en haleine une horde de fans toujours plus grande, qui saluent encore aujourd’hui un final grandiose.

 

How to be a drug dealer

 

Walter White (Bryan Cranston) est un professeur de chimie de 50 ans comme les autres, à cela près qu’il vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer des poumons de stade 3. Bouleversé par cette nouvelle, il s’inquiète pour l’avenir de sa famille : sa femme est enceinte et son fils aîné handicapé. Leurs revenus actuels leurs permettant tout juste de joindre les deux bouts, il lui faut absolument trouver un moyen de subvenir à leurs besoins après son décès.

Une idée commencera à germer dans son esprit lorsque son beau frère qui travaille chez les Stup, Hank (Dean Norris), lui parlera du business de la Métemphétamine. Il fait une descente avec ce dernier pour en apprendre plus sur le terrain et sera surpris de retrouver l’un de ses anciens élèves, devenu petit trafiquant. Walter se décide donc enfin…

 

Bryan Cranston (Walt)

Bryan Cranston (Walt)

 

Il fait chanter son ancien élève afin de le contraindre à fabriquer avec lui du cristal ! Si ce dernier refuse de collaborer, il le dénoncera à son beau-frère qui l’embarquera en prison… C’est ainsi que démarre le premier épisode de Breaking Bad, un début détonnant mais qui n’a cependant rien de novateur en soi.

Faut-il réellement rappeler que le concept de l’homme qui bascule du côté obscur pour la bonne cause est un principe mainte fois vu et revu depuis la création du 7ème art ? Si cette fois-ci nous parlons de drogue, les figures iconiques  qui sont passés du « bien » au « mal » pour une cause qui leur semblait louable sont nombreuses : Dark Vador/Anakin Skywalker de « Star Wars » pour la sience-fiction, Elijah Price pour le genre super-héros dans « Incassable »…

Alors en quoi Breaking Bad est-elle une série qui a su se démarquer parmi tant d’autres ? C’est ce que nous allons tenter de démontrer en abordant l’utilisation judicieuse des flash-forward , des cadrages novateurs ou encore le développement des personnages en presque tout point parfait.

 

Des idées magiques

 

Il n’est point facile de se démarquer lorsque le matériau de base d’une série est semblable à celui de ses confrères et Vince Gilligan semble l’avoir compris. C’est la raison pour laquelle Gilligan fait une utilisation abusive mais ô combien ovationnée  de Flash-forward. L’expérience du tout premier épisode de la saison 1 avait été concluante : nous découvrions en guise de premier plan un homme, en slip et chemise, en plein milieu du désert, un flingue à la main.

L’épisode démarre ensuite de façon tout ce qu’il y a de plus banal et sans transition si ce n’est le générique, laissant le spectateur à ses spéculations. La série entière reposera dès lors sur ce génial principe : des moments venus du futur dont on ne comprendra le sens qu’en temps voulu, malgré tous les indices que laissera le réalisateur. Et oui, Breaking Bad se présente comme un puzzle scénaristique sophistiqué, dont le seul maître à bord est Gilligan.

 

Jesse et Walter, une relation passionnante à suivre

 

 

On se retrouve dès lors à vouloir comprendre le pourquoi du comment et à enchaîner les épisodes à une vitesse folle. Breaking Bad parvient à créer chez le fan cette envie dévorante de connaître la suite à tout prix. Mais le génie de l’oeuvre ne s’arrête pas qu’à une caméra audacieuse : il me faut à tout prix vous parler des dialogues, ô combien savoureux.

C’est bien simple : les répliques sont absolument indissociables des interprètes, qui sont en phase complète avec leur personnage. Rarement l’écriture dans une série aura été aussi intelligente et constante. Entre Walter qui passe du gentil prof presque lambda à celui de vrai truand, il y a un gouffre que les dialogues suivent au fur et à mesure que le protagoniste évolue.

Enfin, il faut souligner la virtuosité de la mise en scène qui accroche tout de suite l’œil du spectateur.  Utilisation d’une caméra à style GoPro, exploitation de la lumière ou de l’ambiance sonore représentative de l’état d’esprit du personnage ciblé… Je pense en l’occurrence à Jesse Pinkman au début de la saison 4, complètement en transe et transformant sa maison en un squat délabré et glauque.

 

De Walter à Heisenberg

 

Le dernier grand point fort de Breaking Bad, ce sont bien entendu ses personnages. Force est de constater que toutes les récompenses que les acteurs ont pu rafler sont tout à fait justifiées. Byan Cranston s’est vu ouvrir les portes du cinéma après ce rôle, c’est dire à quel point son jeu a pu séduire les hautes sphères du 7ème art. On ne peut que comprendre les producteurs, comment ne pas être subjugué par la performance de cet acteur caméléon, qui passe du père déjanté dans Malcolm In The Middle, à celui d’un futur baron de la drogue ?

D’autant plus que le développement de ce dernier est long et les 5 saisons prennent vraiment le temps de le transformer. D’un héros dont on comprend le but au départ, on se retrouve  finalement avec un monstre sans concession et méconnaissable… et le pire, c’est qu’il est le seul à ne pas se rendre compte de cette transition qui cause peu à peu l’auto-destruction de sa famille, si chère à ses yeux.

Le succès de la série doit beaucoup à ses interprètes de talent.

 

A la fois pathétique et détestable, les sentiments que l’on éprouvera pour Walter iront de l’admiration à la haine, en passant par une profonde empathie. C’est probablement le personnage le plus complexe de la série avec Gustavo Fring et ce n’est pas sans regret que l’on quittera tout ce beau petit monde au terme d’une cinquième saison riche en rebondissements. Il faut dire que le rythme parfois lent de BB était compensé par des scènes surprenantes.

Je pense par exemple au côté assez crade de la série, lorsque l’action s’accélère d’un coup alors que l’on ne s’y attend pas et qu’un meurtre morbide a lieu. Effet de surprise aussi lorsqu’un épisode se concentre entièrement sur une mouche à tuer, pour mieux faire ressortir la culpabilité et la relation vicié des héros. Ou encore les pétages de câbles monumentales des clés de voûte de la série, comme Pinkman ou Skyler.

Pour finir, peut-on dire de Breaking Bad qu’elle est une série parfaite ? Non, pas vraiment. En revanche, on égale des séries comme « Les Sopranos », « Oz »… considéré à leur époque comme les meilleures, alors qu’elles même ont souffert de saisons inégales qualitativement parlant. Assurément, Breaking Bad est à ne pas louper et une des plus grandes séries de ces dernières années.

 

 

2 réflexions sur “Breaking Bad

  1. Aaaah que c’était bien…
    Mais on est tous d’accord pour dire que Skyler, des fois, elle était un peu chiante hein ?
    Très bon article en tout cas, qui me donne envie d’aller re-mater les cinq saisons sans plus attendre ^^

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