Mobile Suit Gundam, la référence oubliée du Mecha

de gauche à droite: « Red comet », Sayla Mass, Fraw Bow et Amuro Ray.

 

 

L’origine du mecha dans l’univers  du manga remonte aux années 50, après la seconde guerre mondiale. En effet, c’est en 1952 que Osamu Tezuka fera découvrir aux lecteurs japonais Astro Boy, une histoire ou humains et robots vivent en harmonie. Il faudra attendre 1956 avant de voir poindre le premier vrai Mecha géant dans Tetsujin 28-Go, alors télécommandé par un petit garçon de 10 ans. Ce sera finalement Mazinger Z de Go Nagaï  en 1972 qui imposera l’idée du pilote à l’intérieur du robot, principe aujourd’hui sine qua non du genre. Diffusé en 1979 soit 27 ans après Astro Boy, Mobile Suit Gundam deviendra pourtant LA référence incontournable.

 

La révolution du mecha

 

En 1995 sort Neon Genesis Evangelion, un anime de Hideaki Anno (Gunbuster, Nadia et le secret de l’eau bleue) pour le studio Gainax. L’impact sur le monde de l’animation sera telle que l’on va encore aujourd’hui jusqu’à dire qu’il y a un « avant » et un « après » Evangelion. Cependant, nous sommes en droit de nous demander, aussi bon que soit la série, si les fans ne vont pas trop vite en besogne. C’est un peu comme de crier au chef d’oeuvre quand on a lu que Naruto

La vraie révolution dans l’univers du Mecha commence plus avec Mobile Suit Gundam du studio Sunrise de Yoshiyuki Tomino (Astro Boy, Ashita No Joe)   qu’avec Evangelion, qui reprend d’ailleurs de nombreux aspects de cet anime, ce que tout le monde semble avoir oublié ou ignorer. Nous allons commencer par nous pencher sur l’histoire de ce tout premier Gundam. Il faut savoir qu’il existe deux univers principaux : l’UC (Universal Century) qui est l’univers principal et les Univers Alternatifs (Futur Century, After Colony, ect…).

Mobile Suit Gundam se situe dans l’Universal Century et se compose de 43 épisodes contre les 52 prévus initialement, faute d’audience à l’époque. La série sera par la suite condensée en trois longs métrages (que je n’ai pas vu à ce jour) dont le dernier comporte des scènes inédites.  Cette analyse se basera donc sur la série et non sur les films. Je vous invite à ce sujet à lire l’article de Mackie le Newbie qui est très complet (http://chroniques-d-un-newbie.fr/?p=3741). Bref, venons-en à l’histoire qui est assez complexe et dense à la fois : il va falloir suivre !

 

Le White Base, siège et navire des nouvelles recrues du gouvernement terrestres

 

 

Face à la croissance de l’homme et pour éviter la surpopulation, le gouvernement fédéral de la terre a commencé à migrer vers l’espace l’humanité où de nombreuses colonies sont créées. Ces colonies sont construites de façon à reproduire le climat terrestre, des hommes y naissent, y meurent, ect… Dans le monde de Gundam, cette migration donne naissance à un calendrier appelé l’Universal Century dont je parlais plus haut. L’année de la migration de l’humanité vers les colonies (appelées « Side ») est l’UC 0001, soit l’année 1988 dans notre calendrier réel. Mobile Suit Gundam se déroule en UC 00079, soit en 2066 (ça va, vous suivez ?).

A cette époque, la colonie Side 3 (ou Munzo) revendique au gouvernement fédéral de la terre son indépendance. Side 3 devient donc la république de Zeon, gouvernée par Zeon Zum Daikun. Ce dernier se fera cependant tuer et cédera les rênes du pouvoir à son ami Degin Zob Zabi. Ce dernier ne se contente pas de l’indépendance, sa mégalomanie fait qu’il souhaite imposer la principauté de sa colonie au reste du monde. Pourquoi ? Selon Zeon, les hommes de l’espace sont des New Types, des êtres aux capacités supérieures… Il créé des Mobile Suits et déclare la guerre à la terre. Peu de colonies sont épargnées par ce conflit qui dure depuis déjà  un an et où la moitié de la race humaine a  perdu la vie.

Cependant, le gouvernement fédéral répliquera et va à son tour lancer la production de Mobile Suits expérimentaux afin de se défendre (le projet V).  Alors que sa colonie était jusqu’alors épargnée par cette guerre, des Zaku (Mobils Suits de Zeon) s’attaquent à Side 7 où réside Amuro Ray… mais aussi le fameux Gundam, fer de lance ultime contre la suprématie de Zeon. L’histoire peut enfin commencer…

 

La révolution scénaristique

 

Amuro Ray est un adolescent de 15 ans qui passe son temps à faire de la mécanique lorsque sa colonie est victime de l’invasion de l’armée de Zeon. Les événements vont faire qu’il va se retrouver aux commandes du fameux Gundam, en devenant le légitime pilote au fur et à mesure des batailles qu’il devra mener afin de libérer le monde du joug de ses dictateurs. On passera sur le fait que le héros apprenne à piloter son robot grâce à un manuel, c’était monnaie courante à l’époque.

Ce qu’il est intéressant de noter en revanche, c’est qu’il est contraint de faire la guerre : ce sont les circonstances qui le poussent à devoir lutter. C’est donc un jeune homme en proie aux doutes et à l’incertitude que l’on découvre sur le champ de bataille et non un véritable héros. Torturé par les victimes qu’il fera, Amuro ne sera jamais sans reproches et sera même enclin à la rébellion. Ce sera bien sûr aussi le cas de quelques uns de ses camarades, perdus dans un monde qu’ils méconnaissent.

En plus d’être assez instable psychologiquement, il est relativement solitaire à cause de l’absence de sa mère (restée sur terre) et de son père (qui élabore le Gundam). Ceci n’est pas sans rappeler Shinji de Evangelion, atteint du complexe du hérisson et incapable de se lier aux autres. L’ensemble des personnages fera face à un certain nombre d’épreuves personnelles : le deuil, la prise de décisions cruciales, ect… On appréciera aussi le soin qui sera apporté au clan ennemi, en l’occurrence avec le charismatique antagoniste Char Aznable, surnommé « The Red Comet » en raison de sa grande vitesse.

L’équipage du White Base (vaisseau d’Amuro et de ses compagnons du gouvernement fédéral) est avant tout composé d’adolescents ou de jeunes adultes, forcés de mûrir devant l’horreur de la guerre et d’endosser un rôle qui n’est pas le leur. Gundam est donc avant tout plus connu pour l’aspect psychologique de son histoire que pour ses robots qui ne sont que les artifices visuels de quelque chose de plus profond. Ces derniers finissent d’ailleurs souvent en lambeaux, à l’instar des pilotes esseulés par les combats.

 

Le look des Mobiles Suits étaient assez carré

 

 

Le parallèle fait avec la seconde Guerre Mondiale a aussi signé la pérennité de l’œuvre, démontrant tout au long de ses 43 épisodes l’absurdité d’un conflit qui n’amènera que le néant. Et surtout, un sujet aussi osé, cela marque forcément les esprits des Japonais encore traumatisés par les conséquences de la défaite de cette guerre. Le réalisateur n’hésite pas à rappeler dans un dialogue que ce que fait Zeon avec les Newtypes (un nouveau stade de l’évolution humaine), Hitler a déjà voulu l’imposer avec la race Aryenne… et a lamentablement échoué. Les enjeux politiques sont donc un autre aspect attrayant , on ne s’ennuie pas entre les discussions stratégiques ou les décisions peu scrupuleuses du gouvernement fédéral (qui s’appui sans scrupule sur l’aide d’adolescents non-militaires) ou de Zeon.

MSG est donc une réussite sur plusieurs points : ses personnages sont les précurseurs qui signent la naissance du Real Robot. Les machines ne sont pas invincibles en dépit de leur surpuissance.  Enfin, le scénario s’ancre dans une possible réalité alternative, ce qui rend le tout bien plus convaincant et sérieux que les autres animes sortis auparavant. Peu de protagonistes sont tout blanc ou tout noir et ce qui fait la force narrative du titre.

Que vous dire de plus ? MSG a malheureusement mal supporté l’épreuve du temps. Il sera peut-être difficile pour certains de s’immerger dans des épisodes au shéma redondant, ou bien d’apprécier les OST des années 70 à grands coup de synthé surtout lorsque la série n’est disponible qu’en VOSTA. Mais MSG n’en reste pas moins l’une des œuvres majeures de l’animation japonaise, à voir absolument.

 

 

5 réflexions sur “Mobile Suit Gundam, la référence oubliée du Mecha

    • Merci beaucoup, je devine à ton avatar que tu es un pro du Gundam !
      Il me semblait avoir corrigé les « e » déjà, quand je l’ai mis en ligne un collègue m’a fustigé là-dessus lol…
      Et désolé pour le MBG, je vais corriger ça rapidement 😉

  1. Bon sinon plusieurs points que je trouve mal formulés :
    « Cette analyse se basera donc sur la série et non sur les films. »
    – Les films ne sont que le remontage de la série, il n’y a que très peu de différences, mineures en plus. Le plus souvent des séquences inutiles au scénario.

    « Amuro Ray est un adolescent de 15 ans qui passe son temps à faire de la mécanique lorsque sa colonie est victime de l’invasion de l’armée de Zeon. Les événements vont faire qu’il va se retrouver aux commandes du fameux Gundam »
    – Faudrait préciser que Amuro est le fils de Tem Ray qui a conçu le Gundam et l’a fait construire sur une colonie censée être neutre. Ce qui explique que la colonie soit attaquée et qu’Amuro prenne le contrôle du Gundam.

    « en devenant le légitime pilote au fur et à mesure des batailles qu’il devra mener afin de libérer le monde du joug de ses dictateurs »
    – Le combat pour la liberté ne veut rien dire pour Amuro qui ne pense qu’a survivre et à protéger ses proches. Il se fout de la dictature des Zabi, qui n’est même pas mise en avant (ni même critiquée) dans la série.

    « On passera sur le fait que le héros apprenne à piloter son robot grâce à un manuel, c’était monnaie courante à l’époque. »
    – Amuro est surtout le fils d’un des meilleurs ingénieurs de la Fédération et très doué en mécanique.

    Char Aznable, surnommé « The Red Comet »
    – En français, steuplé !

    • -Tu as raison en ce qui concerne les films, ce n’est pas précisé dans l’article mais j’ai déjà dit sur ma page facebook que pour s’introduire à l’univers Gundam, les films étaient bien mieux pour toutes les raisons que tu évoques.
      Je ferai probablement une apparté en fin d’article à ce sujet.
      -Je n’ai pas trouvé necessaire de parler du père d’Amuro ^^ Je ne pense pas que le combat pour la liberté ne veuille rien dire pour lui; on le voit régulièrement bouleversé lorsque des civils se font attaquer. Au fur et à mesure, il devient tout de même un vrai héros même si dans les premiers épisodes, il a en effet plutôt tendance à penser survivre (ce qu’il me semblait avoir bien fait ressortir en détaillant le côté plein de doutes du personnage). SPOIL: après la mort de Ryu, il y a quand même un vrai changement qui s’opère en lui.
      -La dictature n’est pas énormément mise en avant, mais certains dialogues, des subtilités reviennent tout de même là-dessus, tout particulièrement dans les derniers épisodes. Ensuite, il est en effet très doué en mécanique mais il se contente au départ de bidouiller dans sa chambre. Hormis son père dont il a probablement hérité de l’intelect, le fait d’apprendre via un manuel restait un fait courant. Mais encore une fois, tu as raison je devrais mettre le côté héréditaire en avant aussi.

      Et l’anglais c’est le bien ! Comme j’ai vu la série en VOSTA, c’est resté… Merci pour tes commentaires très détaillés, tu viens de Gundam France ? J’envisage de peut-être m’inscrire là-bas 🙂

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