Gantz, un seinen pas comme les autres…

 

Aux frontières de l’aventure, de la sience-fiction, du tranche de vie, de la romance et du gore, Gantz est un seinen pas tout à fait comme les autres. Créé par Hiroya Oku en 2000 et pré-publié dans le Young Jump, la série comporte pas moins de 37 volumes dont le dernier tome est sorti en décembre dernier chez Tonkam. Un anime par le studio Gonzo a vu le jour en 2004 et deux films ont été tirés de l’œuvre originale (Gantz en 2010 et Gantz Revolution en 2011). Bilan d’un manga qui aura poussé le what the fuck au sommet de son art.

 

Partir un jouuuur, sans retouuur !

 

Keï  Kurono est un adolescent ordinaire, un lycéen sans problème qui ne fait pas grand-chose de sa vie. Alors qu’un clochard ivre mort tombe sous ses yeux sur les rails du métro et qu’il jubile à l’idée de voir ce bain de sang qui égaiera sa morne journée, il voit un ancien ami perdu de vue se ruer à la rescousse du pauvre homme.

Masaru Katô l’invite à la rejoindre afin de l’aider, ce que le jeune homme s’exécute de faire sans trop savoir lui-même pourquoi.  L’ironie du sort, c’est que ce seront finalement les sauveurs qui finiront fauchés par un train arrivant à pleine vitesse : les têtes, les bras, les jambes, les tripes, tout va voler dans une superbe giclée de sang.

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GANTZ © 2000 by Hiroya Oku/SHUEISHA Inc.

Quelques instants après leurs morts, nos amis se retrouvent dans une antichambre, bien vivants. Ils peuvent apercevoir la tour de Tokyo au loin mais plus important, ils ne sont pas seuls. Toutes les personnes présentes ont pour point commun d’être décédées : accident, suicide, meurtre, bagarre… Pourquoi sont-ils tous réunis ici ? Telle est la question…

Le temps de quelques spéculations, une boule imposante  de couleur noire au milieu de la pièce diffuse un message : « Votre vie minable est terminée… Ce que vous ferez dans la suivante ne regarde que moi, car telle est ma logique ». Ensuite, une cible à éliminer est fournie en tant qu’objectif de la « mission », la boule finit par s’ouvrir laissant découvrir un arsenal digne des plus grands films de d’action : tenue noire, pistolet design, sabre, ect…

Une fois que tout le monde s’est équipé tandis que d’autres préfèrent encore croire à une vaste blague d’un show TV, ces soldats de fortune sont téléportés dans une zone dont ils ne peuvent dépasser un périmètre bien défini. S’ils s’y aventuraient, une puce électronique placée dans leurs cerveaux à leurs insu exploserait… Bienvenue dans Gantz.

 

Je n’suis pas un héroooos !

 

En plus d’être un grand fan de manga, je suis aussi féru de comics de super-héros. Au fur et à mesure que j’avançais dans les tomes, je me suis vite rendue compte que j’avais affaire à une revisite de ce genre. Mais nous sommes bien loin des poncifs habituels et Gantz n’est pas à remettre entre toutes les mains.

L’érotisme a une place prépondérante avec la présence de rapports sexuels assez crus et de corps féminins régulièrement nus. L’ultra violence de l’œuvre peut choquer puisque l’auteur ne lésine pas sur les effets gores : boyaux, tripes, membres,  tout est exagérément mis en œuvre pour être le plus visuellement choquant  possible.

GANTZ © 2000 by Hiroya Oku/SHUEISHA Inc.

 

Pourtant, le mangaka va décider de prendre un chemin plus initiatique pour son héros : s’il est au départ plutôt cynique et égocentrique, ses rencontres et expériences dans le monde de Gantz vont positivement le transformer. Devenant le leader des nouveaux arrivants, il va rapidement prendre sur ses épaules la responsabilité de chef d’équipe en organisant des réunions, en apprenant à ses « élèves » différentes stratégies de survie.

On aura le temps de s’attaquer à la team Tokyo, chaque protagoniste étant particulièrement bien approfondi. Oku  n’oubliera cependant pas de montrer que le monde de Gantz peut aussi avoir une influence néfaste sur la personnalité d’un individu : l’exemple est frappant avec l’équipe d’Osaka, surpuissante mais moralement controversée : viol  en pleine rue, grande jouissance à l’idée de faire du score et de buter les cibles les plus difficiles.

Gantz est un shônen dont les limites auraient été repoussées au maximum, ce qui nous donne un récit héroïque plus évolué. Les états d’âme du héros sont rapportés en temps réel et le réalisme amplifie l’empathie que l’on a pour Kurono : avant toute chose, il pense à sa propre survie. En bousculant les habitudes d’un style codifié, le mangaka a créé un mélange assez unique.

Gantz, une expérience ?

 

A bien des niveaux, on peut qualifier sans que cela soit péjoratif la série d’expérimentale. Cela se constate d’un point de vue graphique: en effet, Hiroya Oku travaille énormément par ordinateur. Ses personnages sont réalisés à la main, mais les décors et les trames sont pour la plupart incrustés numériquement par ses assistants  informatiques.

Cette volonté de passer par le numérique traduit une envie de réalisme de la part du mangaka, afin de restituer au mieux des éléments comme les buildings et diverses structures. On aurait pu craindre des ratés dans ses planches, mais le procédé (utilisé depuis le début de la publication) est remarquablement bien utilisé, sublimant le tout.

 

GANTZ © 2000 by Hiroya Oku/SHUEISHA Inc.

 

La narration se fait en temps réel, nous avons la sensation que le scénario n’est pas prévu à l’avance et se construit au fur et à mesure. On encaisse donc les rebondissements aussi surpris que les Gantzers, ce qui est l’un des aspects les plus accrocheurs de la série : l’inconnu. Entre deux chapitres, les surprises peuvent être nombreuses et changer la tournure de l’histoire.

Le seul problème de ce parti pris, c’est que si l’on est happé par l’action, beaucoup de questions resteront en suspends ou expliquées extrêmement vite. On peut le voir lors d’un chapitre de l’arc final (Katastrophe), qui répond en 20 pages aux plus grands mystères de l’œuvre. On aurait apprécié de plus amples informations, les plus pointilleux devront donc se contenter de bien peu.

Gantz est un pur classique du genre Survival en plus d’être un des meilleurs seinen de ces 10 dernières années. Si le dernier arc n’a pas fait l’unanimité et que l’on reste un peu sur sa faim en termes d’informations, l’expérience en vaut largement le détour. Scénaristiquement novateur et graphiquement révolutionnaire, Gantz constitue l’une des lectures les plus indispensables chez nous.

6 réflexions sur “Gantz, un seinen pas comme les autres…

  1. J’adore cet article. Et tu as totalement raison, Gantz est incontournable dans une bibliothèque. J’avais fait un article sur Kurono car c’est un excellent héros, qui évolue énormément et dans le bon sens. Du petit con borné, il passe au rang du leader né. Et que dire du graphique, qui envoie franchement du lourd.

  2. Gantz ! =) J’aime beaucoup, et j’ai suivi la publication des derniers chapitres pendant quelques temps ^^ Mais il faudrait que je relise tout d’une seule traite car beaucoup d’informations ont du m’échapper, et je ne me souviens plus du tout de la fin ! C’est un incontournable, oui c’est sur !

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