[Critique Anime] Kino No Tabi


 

 

J’ai enfin vu Kino No Tabi, et croyez-moi sur parole,  j’ai eu raison de franchir le pas. Cette sympathique série en 13 épisodes inspirée d’une série de  roman de   Keiichi Sigsawa s’inscrit dans le registre des animés contemplatifs  et tranche de vie, à l’instar de Mushishi et  Bartender.

Un épisode, une histoire

A l’exception d’un double épisode, Kino no Tabi peut se voir dans le désordre. L’ordre chronologique de la série n’a que peu d’importance puisque chaque opus s’ouvre sur une nouvelle histoire.  Le concept est simple : le personnage principal est une voyageuse qui se donne pour principe de ne rester que 3 jours dans le même « pays ».

 

 

Pays qui n’a de pays que le nom d’ailleurs, puisqu’il s’agirait plutôt de villes. Ce gimmick n’a pas le temps de devenir redondant puisque KNT ne traîne pas en longueur le long de ses 13 volets, les histoires étant à chaque fois différentes et nous présentant  un « pays » aux coutumes et technologies plus ou moins avancées. Les différents personnages que seront amenées à rencontrer Kino et sa « motorad » (une motocyclette parlante baptisée Hermes) reflètent les meilleurs et les plus mauvais aspects de l’être humain. Ces côtés sont bien sûr exagérés, mais ce miroir que tend à être Kino de notre réalité est criant de vérité. On regrettera cependant que l’animation ne soit pas plus « poussée » même si elle a déjà un niveau très correct.

Philosophique et poétique

« Le monde n’est pas beau, c’est pour ça qu’il l’est ». L’ensemble de cette série repose sur ce principe dont il ressort à la fois ce qu’il y a de plus merveilleux et terrible dans la nature humaine. Kino est le témoin de ce monde qu’elle ne tente pas de comprendre. Elle se contente de se laisser porter par les évènements, et d’agir en conséquence.

Si la poésie de KNT est présente dans ses paysages verdoyants, dans son chara-design simple mais enchanteur ainsi que dans sa bande-son,  elle l’est aussi dans sa violence.  Cette violence nous apparaît ici plus choquante, en partie à cause du rythme posé de la série à l’opposé de l’instantanéité de la brutalité. Ce contraste est amplifié par le fait qu’elle soit l’ultime recours du protagoniste principal, qui n’hésite pas à tuer avec sang-froid ses adversaires pour sauver sa peau. Malgré tout, la cruauté de ces scènes demeure splendide à regarder, grâce à une mise en scène sobre et efficace.

 

L’odyssée de Kino ne fait pas de véritable constat sur l’humanité, on préfère ici se poser des questions sur l’existentialisme, sur ce qui justifie ou non nos actes.  Hermes s’interroge sur les coutumes et les traditions des différents endroits  qu’elle visite avec sa partenaire humaine, tandis que celle-ci répond à ses interrogations, nous offrant un brin de réponse qui n’engage qu’elle.

Ce détachement des personnages (même si Kino s’implique un peu plus selon les épisodes)  leur permet de comprendre avec  recul le monde qui les entoure,  et de cela découle des dialogues entre la machine et la jeune fille plein de réflexions: qu’est-ce qu’un homme ?

Un personnage principal mystérieux

 

Kino possède un point commun avec les héros de Mushishi et Bartender : on ne sait que très peu de choses sur elle.  Ses nombreuses conversations avec Hermes nous permettent de découvrir une enfant  qui rêvait de voyager, qui est visiblement instruite et fait preuve d’une grande curiosité. En dehors de cela, nous ne savons rien  de son passé.

 

 

L’épisode qui lui est consacré ne nous apprends que sa rencontre avec sa comparse, rien d’autre : nous ne savons rien de son maître, ni de son entraînement…  Un film se penche sur ce pan de sa vie que nous n’avons pas eu la chance de découvrir dans l’animé, il est donc fortement conseillé de le regarder afin d’en savoir plus sur elle. Ce film s’intitule  « Nanika o Suru Tame ni » et est donc une préquelle à l’anime, d’une durée de 30 mn. Il n’est pas gênant de ne pas connaître le passé de Kino dans la série, mais il faut avouer que l’on a tout de même envie d’en savoir un peu plus au bout de 13 épisodes.

Pour finir

Kino No Tabi est une œuvre à part qui vaut son pesant d’or : véritable éloge au genre contemplatif et reflet réaliste de la nature humaine, cette perle se distingue grâce à son ambiance à la fois poétique et philosophique. Un must see !

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