[Critique Manga] Rough

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Quand peut-on dire d’un manga qu’il est un chef-d’œuvre ? Pour ma part, il faut que plusieurs conditions soient réunies : un thème, une histoire et un style graphique unique. Si Rough est sorti à l’ombre deTouch, il contient cependant toutes les qualités qui ont su apporter la postérité au statut de culte de ce dernier.

Une frontière indéfinie

 

Rough a été publié de 1987 à 1989 dans le magazine Shônen Sunday. Pour autant, il serait réducteur de classer ce manga dans cette unique catégorie. Adachi ne s’est jamais ancré dans un genre en particulier même si les thèmes que l’on retrouve de façon récurrente voire systématique chez lui sont la romance sur fond de sport à l’école.

Il serait donc tout autant délicat de dire que Rough est un purspokon sur la natation. Si le sport est omniprésent, il n’est que le vecteur qui réunit l’ensemble des protagonistes. Les dialogues laissent souvent leur place à des jeux de regard où tout se devine. Les jeux de mots et les situations cocasses sont nombreuses, le tout empreint d’une mélancolie assumé depuis les débuts du mangaka.

 

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Tout comme l’ensemble de l’œuvre d’AdachiRough ne franchit jamais complètement les frontières du shôjo ou du shônen : il est les deux à la fois, sans jamais vraiment l’être. On pourrait même parler d’un style « Adachi ». L’auteur recycle le même héros : un adolescent flegmatique mais intelligent, dont le potentiel et la force ne se révèle qu’au fil des tomes.  Sa dulcinée sera une belle jeune fille discrète pleine de caractère.

Rough reprend avec fraîcheur et sans violence l’histoire de Romeo et Juliette. Les paternels de nos tourtereaux tiennent des pâtisseries et entretiennent une vive rancœur vis-à-vis de l’autre… Nos héros finiront inévitablement par tomber amoureux l’un de l’autre, mais la vie au lycée ne s’annonce pas de tout repos…  tant d’un point de vue sportif, familial que sentimental ! Si vous avez aimez Touch ou Katsu, vous aimerez Rough qui est dans la même veine.

Plouf !

 

Rough a le mérite d’avoir pour toile de fond un sport rare dans le manga : la natation. La piscine sera donc le théâtre des prouesses techniques  de nos héros. Keisuke Yamato est l’éternel 3ème sur le 100 mètres. Quant à Ami Ninomiya, c’est une étoile montante du plongeon. Les paroles de haine du grand-père des Ninomiya sur son lit de mort envers les Yamato attiseront la haine de Ami enversKeisuke, qui reste stoïque et indifférent à ce conflit dont il se moque.

 

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Rough est un manga tranche de vie qui reprend à la lettre ce qui a fait la gloire des précédents titres d’Adachi : le cadre du lycée, une histoire d’amour de prime abord impossible, un zeste d’humour et des seconds couteaux sympathiques. Les personnages secondaires sont ici très charismatiques car ils ont la chance d’être développés tout au long des 12 volumes. 12 volumes au cours desquels Ami finira par se rendre que Keisuke n’est pas le garçon qu’elle imaginait.

Avec un rythme soutenu et une ambiance toujours aussi plaisante,Rough est un condensé de ce qu’Adachi fait de mieux : entre sport et sentiment, le maître dépeint avec tendresse des adolescents authentiques. D’ailleurs comme tout n’est pas rose dans la vie et aussi tendre soit-il, les rêves de jeunesses brisées et la tragédie font partie intégrante du récit.

Le grand saut

 

Rough est probablement l’un des manga les plus méconnus d’Adachialors qu’il fait partie de ses meilleurs créations. Reste que pour apprécier totalement Rough, il vous faudra aussi apprivoiser son dessin qui laisse place à la simplicité pour plus d’expressivité. Il faudra aussi accepter que l’auteur ne se renouvelle pas vraiment, mais après tout pourquoi changeait une recette qui marche ? Abordant une toile de fond intéressante et développant des personnages secondaires charismatiques, Rough s’accorde aussi le luxe de nous dépeindre avec tendresse et mélancolie le portrait d’une jeunesse qui se cherche à travers l’amour. Puissant, drôle, émouvant, un chef-d’œuvre d’Adachi tout simplement.

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