[Critique Manga] Maison Ikkoku

 

 

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Maison ikkoku fait partie du panthéon des shônen de type comédie romantique. Gloire du club Dorothé, Maison Ikkoku, sur des bases pourtant classiques et réutilisées par ses descendants (le coup de la pension avec Love Hina ou Suzuka), a su se distinguer de ses compères de l’époque pour nous offrir des personnages de plus en plus complexes, touchants et humains, tout simplement. Analyse d’un excellent cru.

En fait je vais rester plus longtemps que prévu…

 

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Yusaku Godaï est un garçon somme toute ordinaire. Ce jeune rônin n’en peut plus de vivre dans la pension Ikkoku, c’est un véritable cauchemar quotidien pour lui. Entre son voisin roublard et opportuniste (M. Yotsuya), sa voisine frivole en chemise de nuit (Akemi Roppongi) et la mère de famille bruyante et prompte à faire la fête à toute heure (Hanae Ichinose), Godaï semble reparti pour échouer à nouveau à son examen d’entrée à l’université. Alors qu’il est bien décidé à faire ses valises, voici qu’une nouvelle arrivante va lui faire raviser son choix : Kyoko Otonashi, nouvelle gérante de la pension Ikkoku dont il tombe amoureux.

Toutes les bases d’une comédie romantique classique sont installées. Godaï est un héros hésitant, naïf, mais profondément gentil et dévoué. Acteur ou spectateur de leur histoire d’amour, les habitants de la pension seront la plupart du temps aux services de nombreux quiproquos, venant semer le trouble dans la relation amicalo-amoureuse de Kyoko et Godaï,  qui a un postulat de départ peu évident. Tout semble les séparer, puisque Kyoko est une jeune femme posée, belle et distinguée, là où Godaï est pauvre, naïf et relativement instable.

Comme si cela ne suffisait pas à compliquer la situation, Kyoko est en faite veuve depuis six mois, d’un homme dont elle reste amoureuse et qu’elle ne parvient pas à oublier. Ajoutons à cela un second rival pour Yusaku, le fringuant et audacieux professeur de tennis de la belle, Mitaka Shun. Peut-on  rendre la situation encore plus complexe ? Vous lisez du Rumiko Takahashi, c’est donc possible ! Kozue Nanao est amoureuse de Yusaku, ils vont se fréquenter tout au long de l’oeuvre, provocant des sentiments confus pour Kyoko, amoureuse de son défunt mari, mais non indifférente au jeune Yusaku.

Une série touchante

 

Ce qui fait tout le sel du titre, ce sont évidemment ses personnages, au-delà des jeux de l’auteur avec les chiffres (« Go »  de Godai est aussi le chiffre 5 en japonais, c’est le numéro de sa chambre). Si l’anime bénéficie d’un chara- design pittoresque à l’instar de Kimagure Orange Road grâce au travail de Akemi Takada, le manga commence avec un trait peu engageant qui, fort heureusement, évoluera à l’instar de la maturité de ses protagonistes. Si Yusaku est le stéréotype du héros un peu neuneu sur les bords, sa relation avec Kyoko le grandira au plus haut point. Ses questionnements ne se limiteront pas à ceux du héros standard, à savoir «comment conquérir ma dulcinée ? ». Sa tâche est bien plus ardue, puisqu’au-delà de sa lutte envers Mitaka, c’est contre le souvenir d’un homme mort dont il doit se défaire.

Or, il est difficile de lutter face à ce qui n’existe plus… Cette lutte est traitée avec une certaine distance, ceci afin de ne rien enlever au côté léger et enlevé de la série. En effet, pas question d’être noir ou morose. Kyoko ne s’apitoie pas sur son sort, si elle repense bien sûr à son mari, ce n’est pas en le pleurant toute la nuit. En parlant de son mari, qui était-il pour que Kyoko ne parvienne pas à l’oublier ?

 

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Un monsieur tout-le-monde, presque un anonyme. Etait-il beau ? Non, pas spécialement. Etait-il sûr de lui, rassurant ? Pas vraiment non plus. Soïchiro est présenté comme un homme simple et discret, à l’image de sa courte idylle avec Kyoko, interrompu brusquement par la mort brutale de ce dernier. Ce qui fait le mythe du personnage, ce sont les questionnements et les interrogations que Godai aura sur celui-ci jusqu’à la fin. Comment faire avec ce spectre ? Quelle est la solution pour vivre pleinement son amour avec Kyoko ? Godai fera le choix mature d’accepter ce dernier, car c’est la Kyoko veuve dont il est tombé éperdument amoureux. En emportant le souvenir de Soichiro avec lui, il l’accepte à elle, toute entière, ce qui lui permet de l’aimer pleinement. Vous pourrez découvrir cette superbe fin en lisant ou visionnant l’anime, qui comporte tout de même respectivement 96 épisodes sortis entre 1986 et 1988 et paru de 1980 à 1987 pour la version papier disponible en 10 tomes tonkobon bien épais chez nous.

Une longue parution qui aura permis à l’auteur de développer les situations les plus cocasses et improbables pour ses personnages, mais aussi d’offrir un final digne de ce nom aux lecteurs. L’ensemble des héros qui se sont greffés tout au long des années, ont aussi droit à leur développement personnel. On verra même Mitaka  finir par vaincre sa peur des chiens et avoir des enfants.

Conclusion

 

Si Maison Ikkoku démarre donc avec un postulat de départ somme toute classique, l’héroïne veuve et les questionnements autour du personnage de Soïchiro font toute la saveur de la série. Si la conclusion se fait attendre, la faute à un héros hésitant et une héroïne en proie aux doutes, on ne peut qu’être charmé par le dessin et le scénario de la mangaka. Une œuvre intemporelle et émouvante à souhait, doté d’un humour incomparable à lire absolument.

 

 

Une réflexion sur “[Critique Manga] Maison Ikkoku

  1. On sent l’influence des années 80 dans ce manga. C’est long à se mettre en route mais ca finit par se décanter. Je trouve que Kyoko change beaucoup entre le début et la fin. J’ai beaucoup aimé les deux derniers tomes, qui résument assez bien la totalité du manga.

    Par contre, la nouvelle édition est imposante et parfois difficile à lire. Les gros tomes sont souvent indigestes je trouve.

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