[Critique Manga] L’homme qui marche

Jirô Taniguchi fait partie de ces auteurs au style reconnaissable entre mille, à l’instar de Miyazaki, Adachi ou pour citer un mangaka plus récent, Urasawa. C’est dans les années 70, alors qu’il n’est qu’un assistant, qu’il va trouver son influence dans des BD européennes, fortement marqué par leurs dessins variés     et leurs détails de l’environnement. Son œuvre hétéroclite regorge de nombreux points communs, à commencer par ses héros profondément humains,  son découpage franco-belge, mais aussi et surtout le soin tout particulier qu’il attache à l’environnement où évolue ses protagonistes. Emprunts de réalisme et foisonnant de détails généreux pour les yeux, « L’homme qui marche » ne se lit pas, mais se regarde, s’admire sous tous les angles, pour notre plus grand bonheur.

Le plaisir des choses simples

 

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Une BD sur un monsieur tout le monde qui se promène, s’allonge dans l’herbe, nage nu dans une piscine de nuit, se ballade sous la pluie avec un sourire béa, qui aurait cru que ces choses simples de la vie de tous les jours aurait pu attirer même l’œil du lecteur le plus avisé ? « L’homme qui marche » est un hommage vibrant à la poésie de la nature, aux paysages qui nous entourent, qui nous invitent à aller prendre un bol d’air frais.

Notre société de consommation, nos carrières, notre vie en général nous font parfois oublier que le bonheur ne tient qu’à peu de choses. Un enfant s’émerveille de tout et de rien, ne vous rappelez-vous plu le plaisir que vous éprouviez dans vos jeunes années à aller courir dans un parc avec votre maman ? Une fois que l’on a lâché quelques minutes son ordinateur et que l’on prend le temps d’aller mettre son nez à l’extérieur, n’est-ce pas vivifiant de flâner ?

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Il s’agit là du message que tente de délivrer Jirô Taniguchi : faire un retour aux sources est essentiel. Le monde qui nous entoure est beau, plus beau que chez nous, plus grand que Versailles, plus vaste que la rue qui fait face à votre habitat. Une ode à l’idyllique jardin du monde que nos yeux ne voient parfois plus, l’homme qui marche se pose en observateur d’un univers qui va trop vite et où le petit détail fait toute la différence.

Proche d’un manga comme « Gon » dans sa conception, les dialogues sont peu nombreux et l’on retrouve avec grand plaisir le style de Taniguchi, empreint d’une tendre nostalgie, venu tout droit d’un doux rêve. Sans être un indispensable du genre, l’homme qui marche reste cependant appréciable d’un point de vue graphique et demeure intéressant dans con concept de décorticage du quotidien, nous prouvant qu’une bonne marche à pied de temps en temps éclipse la morosité du train-train. Un excellent moment de détente  aux dessins envoûtants.

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