[Critique Manga] Beck

 

 

© 2001 Harold Sakuishi / Kodansha Ltd.

 

Salut chers lecteurs ! Aujourd’hui, on attaque un gros morceau avec le manga… Beck ! Vous aurez, bien entendu,  compris le jeu de mots qui précède la phrase que vous lisez actuellement pas vrai ? Non ? Bon ben il est temps de s’attarder sur l’une des perles du shônen de ces dernières années.

Let’s Rock !

 

Certains shônen empruntent parfois des voies différentes de celles de  leurs semblables : certains font dans le tranche de vie (Mitsuru Adachi pour Touch) d’autres choisissent un thème culinaire (Takashi Hashigushi pour Yakitate Ja-pan !!). Harold Sakuishi, lui, c’est la musique !Mais le tour de force de l’auteur, c’est que loin de nous servir du slice of life  banale, il nous invente une histoire ancrée dans un réalisme profond.

Koyuki Tanaka est un adolescent de 14 ans comme les autres. Il n’a pas de passion, juste une  admiration pour la dernière idole en vogue au Japon. Un jour, il fait la rencontre de Ryusuke, qui changera à jamais son destin : celui-ci veut monter un  groupe de Rock. De fil en aiguille, il s’avérera que Koyuki possède un don évident pour la musique, tout particulièrement lorsqu’on l’entend chanter : sa voix transmet des émotions…      

Les bases sont posées, les membres du groupe trouvés : Chiba, le rappeur et chauffeur d’ambiance, Ryusuke, le guitariste de génie et leader de la bande, Taira, bassiste hyper classe, Saku, plein de promesses à la batterie, et Koyuki, 2nd guitare et 2nd voix…Qui ne sait absolument pas gratter et n’y connaît absolument rien à la musicologie.

 

© 2001 Harold Sakuishi / Kodansha Ltd.

 

Il commencera donc tant bien que mal en autodidacte, puis avec l’aide de M.Saito, un ancien nageur olympique fan du bon vieux rock anglais qu’il rencontre à la piscine (bah tiens). Le groupe nouvellement formé peine à payer la location d’un studio pour pouvoir s’entraîner correctement  et créer de nouvelles compositions. Tout le monde dégote un petit boulot à côté de ses études, les prestations s’enchaînent avec un  succès relatif. Beck  se fait une petite réputation dans les clubs….Doucement mais sûrement, notre guitariste en herbe commence à rattraper son retard.

Je ne peux m’empêcher d’être concernant la narration de l’œuvre où l’on retrouve vraiment les hauts et les bas de la vie quotidienne. Koyuki trime bien pour apprendre, mais il est loin d’être parfait ; à l’école, le pauvre se fait exploiter ; enfin côté sentimental c’est pas la rose non plus.

Quant aux scènes de concerts, de répétitions, elles sont tout bonnement superbes, c’est même  l’un des  intérêts du titre : beaucoup critiquent la version papier « parce qu’un manga de rock sans son, ça ne le ferait pas »…Personnellement je frissonnais en voyant  ces planches qui retranscrivaient parfaitement l’ambiance d’une scène de concert.

 

American People

 

L’une des  originalités  de Beck, c’est de confronter la jeunesse américaine en la personne de Maho (soeur de Ryusuke enjouée, dynamique, bilingue et fêtarde) à la Japonaise avec Koyuki (timide, banal, pas trop classe et monolingue). Ainsi les « je t’aime, moi non plus » s’avèrent très intéressants : d’une part, parce que l’on se reconnaît bien en Koyuki, mal à l’aise avec les amis anglais de Maho qu’il ne comprend absolument pas ; d’autre part avec Mahô qui n’en a que faire des règles de bonne conduite à la japonaise. Leur relation connaîtra divers rebondissements que Sakuishi exagère à la fin du récit, il fallait bien tenir le public en haleine.

Beck apprend qu’il va pouvoir jouer au greatful sounds, un évènement rock dans lequel 3 scènes donnent lieu à des performances musicales et accueillent des milliers de personnes. Il leur en aura fallu du chemin et des péripéties pour y parvenir (13 tomes en fait), mais c’est la chance pour nos héros de se faire connaître au Japon. Je dis au Japon, car entre-temps, Beck est parvenu à sortir un CD à l’étranger, qui s’est assez bien vendu parmi les indies, mais faute de droits ils ne toucheront aucune royalties…

Malgré cette petite réussite et l’apparition de Koyuki en train de chanter dans un film reportage sur les Dying Breed (groupe à la renommée planétaire et au passage ami de Ryusuke) ça ne suffit pas pour briller au pays du soleil levant. Beck se dissout  après leur concert  du greatful sounds suite à une discorde entre les membres…ils finissent par se rabibocher et partent pour une tournée…Aux Etats-Unis. J’arrêterai  là les spoils, mais toutes les difficultés que peuvent rencontrer des artistes sont traitées avec justesse : doutes, scission, réconciliation, ect….

 

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© 2001 Harold Sakuishi / Kodansha Ltd.

 

Maintenant je vais me contredire un peu. .. Si les relations qu’entretiennent les protagonistes entre eux, la façon dont ils parviennent à percer tiennent la route…  Les passages qui s’axent autour de Ryusuke et Leon Sykes sont mal calibrés. Ryusuke se verra presque à chaque fois plongé dans des situations désespérées. Il tiendra à chaque fois un pari très risqué avec son adversaire, qu’il remportera ….Que voulez-vous, il fallait un petit peu de piment et de suspens dans ce manga ! Il y a aussi une touche « fantastique » avec le fameux « rêve » que font en commun tous les membres du groupe et la légende autour de Lucille…Mais les débordements de l’auteur s’arrêtent là.

Vous allez en apprendre des choses : comment le chanteur X a créer telle chanson, comment M. Z est mort, les références aux groupes et chanteurs rocks fourmillent (des Beatles, en passant par Jimy Hendrix et Kurt CObein, Rage Against The Machine, les Red Hot, ect…). Beck est une véritable bible qui parsème ci et là des informations des plus intéressantes. Le mordu sera ravi, le noob apprendra.

Un très, très, très bon manga. Réaliste à presque tous les niveaux, Beck se lit extrêmement vite du haut de ses 34 tomes. Le récit gagne en intensité lorsqu’un drame des plus inattendus survient en cours de route…. A lire absolument. Notez qu’il existe aussi l’anime ainsi qu’un film sorti tout récemment !

 

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