GTO VS Rookies

Qui a copié qui ? Y a-t-il seulement eu copie ? GTO et Rookies possèdent de nombreux et troublants points communs entre eux ce qui conduit les lecteurs à se demander s’il n’ y a pas eu plagiat quelque part. Mais les internautes ne voient souvent pas plus loin que le bout de leur nez. GTO et Rookies font office de dizygotes plutôt que de monozygotes malgré leurs ressemblances… Explications ci-dessous.

Les mangakas

 

Il est nécessaire de se pencher sur  un point important, avant même de vous forger une opinion et de préférer l’un des deux titres à l’autre. Masanori Morita (Rookies, Racaille Blues) et Tôru Fugisawa (YGTO/GTO/Shonan 14th days/Rose Hip Rose/Tokko) ont tous deux auparavant réalisés un shônen de Furyo qui rencontra à son époque un succès certain. Pour le papa de Rookies, il s’agissait du cultissime Racaille Blues, tandis que du côté du père Fugisawa, c’était Shonan Junaï Gumi.

 

Le premier à avoir pondu son bout de chou fut… M. Morita, en 1988, tandis que Fugisawa n’arrive que deux ans après lui. En revanche quelques années plus tard, GTO est publié  avant Rookies, les rôles sont ceete fois-ci inversés. Si je fournis des détails concernant  ces œuvres qui sont toutes deux antérieures à GTO et Rookies, c’est pour vous faire comprendre une chose : il n y a point eu plagiat.

 Je vois partout sur le web des internautes prétendre que Rookies est un gros plagiat de GTO car publié après lui. Cependant, ne peut-on pas dire de Shonan Junaï Gumi qu’il a su surfer habilement sur la mode des shônen furyos lancée par Racaille Blues à l’époque ?  Non. C’est une accusation ridicule et sans fondement, il en est de même concernant ces deux œuvres.

Les deux mangakas ont tout simplement un parcours similaire. Pas identique ou plagié, similaire. Pour les cinéphiles, c’est un peu comme si l’on comparait le parcours de Robert de Niro et celui de Al Pacino.

Eikichi Onizuka et Koichi Kawato

 

D’un côté : Eikichi Onizuka, 22 ans, puceau, célibataire et libre comme l’air. De l’autre : Kawato Koichi, 24 ans, lui aussi célibataire (mais on ignore s’il est puceau malgré sa grande timidité et il n’est pas libre comme l’air).

      

La vingtaine passée, tous deux sont des jeunes hommes idéalistes, dotés d’une force et d’une résistance surhumaine, ayant pratiqués  le Karaté (même si le premier amour d’Onizuka reste la baston de rue). Ils sont tous les deux professeur et n’attirent pas systématiquement la sympathie de tous leurs collègues, même s’il semble qu’une jolie jeune femme ne soit, dans les deux cas, pas insensible à leur charme.

S’il est indéniable qu’ils se ressemblent, ils possèdent une histoire et un parcours bien différent. Onizuka, nous l’avons d’abord connu via le biais de Young GTO, où il était le roi de la baston dans sa région. On le retrouve quelques années plus tard, complètement paumé à Tokyo. Pour des raisons lubriques, il va se décider à embrasser la carrière d’enseignant… et plus ou moins par la force des choses, il y parvient. Bien que ne possédant au départ pas la culture et les bases nécessaires à l’enseignement de sa matière (effectivement, il n’a pas passé ses examens lui-même mais s’est débrouillé pour se trouver un sosie dans sa FAC), Eikichi finira par se trouver une véritable vocation dans cette branche.

 

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Se considérant encore comme un adolescent, il est à même de comprendre mieux que quiconque les problèmes de ses étudiants. De même, son expérience de la vie qui n’a pas toujours été facile lui donne un recul  sur bon nombre de choses, lui permettant d’appréhender sous tous les angles les problèmes que rencontrent ses chérubins.

Ses méthodes sont parfois extrêmes et peu conventionnelles mais c’est ce qui les rendent si efficaces. Ses cours délirants où l’autodérision est de mise,  lui permettent  de se mettre sur un pied d’égalité avec ses élèves, qui finissent inévitablement par se rapprocher de lui. S’il n’est pas un pédagogue au sens propre du terme, il le reste au sens large.

De son côté, Kawato a un passé radicalement différent de celui de son confrère.  Tout d’abord, c’est un personnage instruit. Ses diplômes de professeur,  il a tout simplement travaillé pour les décrocher depuis le lycée.

 

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Ses nombreuses citations témoignent souvent de ses convictions personnelles et de sa grande culture. C’est un homme si pur qu’il ne peut presque pas empêcher ses pulsions de parler : lorsque l’on bafoue des principes qui lui tiennent à cœur, il n’est pas rare de le voir serrer des dents et du poing. Gare à celui qui oserait se moquer du rêve de l’un de ses élèves, c’est un sang chaud !

A l’inverse d’onizuka qui élucide les soucis de ses élèves un à un, Kawato va préférer se concentrer sur un groupe de jeunes Yankees, dont le rêve était de participer au tournoi de baseball national. N’y connaissant rien à cette discipline, mais ayant toujours souhaité faire un sport d’équipe que son père lui interdisait pour qu’il se consacre à la pratique du Karaté, il va se faire une joie de remettre sur pied le club de baseball. Il devra faire face aux furyos du club qui ne sont pas forcément tous d’accord à l’idée de retenter leur chance. Son enthousiasme débordant finira bien sûr par convaincre tout le monde et nous apprendrons très vite comment le rêve de ces ados s’est vu subitement brisé.

 

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Ce qui est intéressant avec Kawato, c’est qu’il tente aussi de se racheter suite à une « faute » dû à sa grande impulsivitéqu’il a commise dans son ancien établissement, ce qui lui coûta son poste. On suit donc d’un côté la rédemption de cet homme qui a vraiment à cœur de bien faire son boulot de professeur et d’aider ses élèves.

Des voies différentes

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Si les bases de ces deux shônen prennent un cheminement commun, leur développement finit par différer complètement. GTO  va plutôt nous fournir un pastiche varié d’élèves représentatifs de la société japonaise. Comment ne pas être touché par l’histoire de Noboru, martyrisé par les filles de sa classe car plus frêle qu’elles. Il apparaît comme l’exutoire de ces demoiselles, frustrées et aigrises du monde qui les entoure. Les portraits sont nombreux et souvent intéressants à découvrir non sans être accompagné d’un humour jubilatoire.

Rookies va prendre une orientation plus Spôkon : le baseball prend une part importante, canalisant la colère des protagonistes, leur permettant de se surpasser et de se focaliser sur des objectifs à atteindre. Les valeurs que transmet ce sport d’équipe est en adéquation avec le personnage de Kawato, véritable bout en train gentillet dont le débordement de positivité ne nous gave jamais.

 

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Les gosses de chacun de ces titres ont dû faire face à diverses désillusions de la vie. Pour les petites frappes de Rookies, c’est bien sûr l’injuste interdiction  de ne pas pouvoir participer au Koshien. Mais au-delà de ça, toutes ces chères têtes blondes ont une crainte qu’ils ne parviennent à vaincre seul : le manque de cran, la peur de l’échec, la peur d’être rejeté… Ici, il est donc plutôt question de « reprendre confiance en soi » de manière générale.

C’est un poil différent pour GTO. Ces bambins, conditionnés pour faire un parcours sans faute, se voient complètement perdus et démunis lorsqu’ils goûtent à l’échec. Dans une société où le moindre faux pas est considéré comme une faute grave, nos professeurs sont comme des anges leur permettant de tomber pour mieux se relever.

Eikichi devient le bon copain à qui l’on peut se confier d’égal à égal, celui qui relativise les choses et tente de résoudre les problèmes  à sa façon. Des problèmes qui ne touchent pas qu’au manque de confiance contrairement à Rookies (la plupart du temps). Kawato, plutôt que de trouver une solution à l’amertume de ses yankees, préfère les pousser à changer grâce au baseball, ce qui finit par redorer le blason de leur club. C’est ici le véritable point commun qu’il y a entre ces deux œuvres : la proximité prof/élèves.

Conclusion

 

Rookies et GTO sont des titres plus dissociables qu’il n’y paraît en dépit de leurs similitudes. Rookies préfère se concentrer sur un petit groupe d’élèves et finit par prendre des allures de pur shônen sportif, avec une dose savamment pensée de relation prof/élèves. GTO se focalised’une ligne droite où l’on peut cependant découvrir des cas sociaux plus variés. Dans les deux cas, ce sont des MUST READ. Jetez-vous dessus !

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