[Culture]CLAMP

 

 

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S’il y a bien un quatuor de mangakas  incontournables dans nos vertes contrées, c’est bien celui des CLAMP ! Qu’on les aime ou non, ces artistes sont devenues des références dans l’archipel nippon pour ensuite s’imposer au niveau mondial. Comment expliquer ce succès international ? Quelle est la recette qui marche ? Est-ce parce qu’elles adorent le travail de M. Araki, papa de Jojo’s Bizarre Adventure, que tout marche pour elles ?

 

 Une ambiguïté marquée

 

Ce qui démarque CLAMP de la plupart des shôjos (et shônens), c’est l’ambiguïté relationnelle qu’entretiennent la plupart des personnages de leurs histoires.  Chose assez rare pour des shôjos, des relationsshônen-Aï (à ce jour toujours platoniques) sont instaurées. Les mangakas font ainsi d’une pierre deux coups, ne se contentant pas uniquement d’amourettes hétérosexuelles et ralliant  les fans de bishônen. L’exemple le plus connu reste celui du coupleSubaru/Seïchiro que l’on retrouve dans Tokyo Babylon et X 1999.

 

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Le fait que les relations demeurent ambiguës et non pas pleinement vécues par les personnages permet au public masculin de ne pas être trop rebuté et de satisfaire le quota du  lectorat féminin, une vraie prouesse.

Toujours dans l’ambiguïté, on découvre souvent des héros aux notions du bien et du mal assez larges, ce n’est jamais totalement noir ou blanc chez CLAMP. Il en est de même concernant les personnalités qui sont  à multiple facettes. Encore une fois, les héros de X se reseemblent plus qu’ils ne le croient, les motivations des dragons de la terre et du ciel se valent, ce qui ne les empêche pas de se massacrer.

L’amour vu par CLAMP

 

Zoom sur Chobits et le couple Hideki/Chi. On apprend à la fin de l’histoire que le créateur de Chi (qui est un ordinateur à l’apparence humaine  doté d’une personnalité et d’émotions )  a installé dans son…heu… vagin (oui oui) un bouton « reboot ». Cela signifie qu’en cas de rapport sexuel entre les deux tourtereaux, les données de la mémoire de Chi seraient effacées (ses souvenirs avec Hideki, son amour pour lui, ect…).  Hideki choisit donc de sacrifier toute vie sexuelle pour vivre avec un ordinateur… Hallucinant non ? Pas tout à fait : lesCLAMP ont une vision des choses bien à elles concernant l’amour…

 

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Au-delà du désir charnelle, pour nos dessinatrices, l’aboutissement de l’amour est sentimental avant tout. On le voit par exemple dans Card Captor Sakura avec un exemple encore plus glaucque… Le professeur principal de Sakura est… Ahem… amoureux d’une enfant de l’âge de l’héroïne. Pedobear ? Non encore une fois, pas de sexe (le ciel soit loué) mais quelque chose d’extrêmement pur et… dérangeant à la fois. Même si l’amour reste inavoué et consensuel, un écart de 25/30 ans reste ce qu’il est d’autant plus que l’on parle d’une enfant.

Même chose dans RG Veda, Ashura bute l’intégralité des compagnons de Yasha-ô qui décide tout de même de rester à ses côtés au final, c’est beau l’amour paternel.

Même s’il est entièrement platonique et romancé, ce genre d’amour n’est pas quelque chose de concevable dans la vraie vie et c’est ça qui fascine chez CLAMP, cette audace d’oser le coucher sur papier et de mettre en scène des faits à la limite du politiquement correct (voires improbables) en en faisant quelque chose d’attendrissant et touchant. Rares sont les mangakas populaires à réussir ce tour de force, il ne me vient à l’esprit que Kaori Yûki avec Angel Sanctuary.

 

La fatalité chez CLAMP

 

L’un des thèmes les plus populaire des CLAMP, c’est le destin et son inévitable accomplissement.  Elles prennent un malin plaisir dans nombre de leurs œuvres majeurs (X 1999/Tsubasa Reservoir Chronicles/Rg Veda) à semer de fausses pistes. Tout d’abord, l’annonce d’un destin  tragique (et sanguinolent) attend des héros charismatiques auxquels on s’attache… Pendant les ¾ du récit, les personnages font leur possible pour lutter contre leurs destins… En vain.

CLAMP est capable de nous fournir des œuvres cul-cul la praline à en pleurer de rire (Rex/Clamp School Detective), mais elles sont aussi  apte à nous pondre des titres au nihilisme franchement délectable.

 

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C’est là le deuxième grand thème du studio : la fatalité. Quoi que l’on fasse, peut-on réellement changer le cours du temps ? Et si c’est possible, comment éviter le bain de sang ?

Les CLAMP cherchent peut-être à montrer qu’il est inutile de lutter face à l’invisible, que ce qui est écrit est écrit et que l’on y peut rien en dépit de tous nos efforts.

Pourquoi opter pour des fins aussi pessimistes ? D’une part, parce que cela fait désormais partie de leur marque de fabrique j’imagine ; d’autre part pour pouvoir nous marquer durablement dans le temps. S’attacher à un personnage, puis le voir mourir comme un déchet sans gloire ni honneur, cela choque. Un choc qui fera qu’on se souviendra, en bien ou en mal, de ce manga.

 

Le dessin et l’histoire  

 

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Au-delà d’un univers complet, CLAMP c’est aussi un trait assez unique en son genre. On ne peut pas dire des visages des héros qu’ils sont « fins ». Non, on peut plutôt utiliser le terme pyramidal. Ne vous insurgez pas voyons, regardez de plus près les mentons des personnages. Bon cette remarque ne tient peut-être plus la route avec leurs œuvres  récentes…

 

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Ce qui frappe  c’est la qualité de la mise en scène, cette volonté de vouloir transmettre quelque chose d’extrêmement précis sur deux pages. Les détails fourmillent, ils fourmillent tant que certains nous échappent (encore une fois, ça n’est pas sans rappeler le dessin, certes plus tortueux, de ARAKI).

Et si ces dames épatent par leur talent de dessinatrices, elles sont aussi très bonnes en ce qui concerne l’histoire.  Elles s’amusent à créer un monde dans lequel leurs nouveaux héros vont être amenés à visiter les lieux, voire à voyager où à  rencontrer les protagonistes de leurs précédentes séries. Un crossover quoi.

Reprenons l’exemple de Chobits… Et bien l’on y évoque le créateur de la première poupée ordinateur, que l’on voit dans Angelic Layer. DansX 1999, on voit l’école des CLAMP School Detective et 3 personnages issus du manga Tokyo Babylon.

Conclusion

 

Si CLAMP ne plaît pas à tout le monde, on ne peut nier ses qualités scénaristiques et graphiques. Au fur et à mesure des années, ce groupe a su imposer son style au monde et ne semble pas prêt de s’arrêter. Vivement la suite !

 

 

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