[Critique Manga] Yotsuba To

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C’est l’histoire de… Yotsuba, une fillette de 5 ans qui déménage avec son père dans une nouvelle ville. Elle, qui ne connaît au départ que le meilleur ami de son père, Jumbo, va très vite se lier d’amitié à l’ensemble de la famille voisine composée du père et de la mère Ayase; d’Ena, la cadette sensiblement plus âgée que notre héroïne en culottes courtes ; de Fuka en première (16 ans) et de Asagi, l’aînée actuellement à l’université.

C’est l’histoire de la vie

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C’est l’histoire de la vie. Ou plus exactement, il s’agit de l’histoire de la vie d’une enfant de 5 ans. Pour être encore plus précis, Kiyohiko Azuma nous offre une véritable ode à l’enfance. C’est promis, j’arrête avec les précisions.

Dans un paysage français saturé de blockbusters shônen se ressemblants les uns les  autres, de seinen passés de première fraîcheur  et de shôjos caricaturaux, Yotsuba est une brise légère qui vient apaiser les rayons manga de nos vertes contrées.

Le speech de départ en rebutera plus d’un : suivre le quotidien d’une gamine. C’est sûr, ça n’a pas l’air aussi palpitant qu’un énième combat pour sauver la planète terre. Où sont passés Goku et ses amis ?

Pourtant, il n’en est rien.Grâce à son ton tranche de vie comique, Yotsuba est un titre accrocheur, aux qualités scénaristiques et graphiques reconnues du grand public et de la critique. Pourtant, personne ne l’achète. La faute, je me répète encore une fois, à un catalogue manga obstrué qui ne laisse la place qu’aux amis du shônen Jump ou presque.

Un humour poilant et émouvant

 

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Yotsuba, c’est terriblement drôle. Mais il ne s’agit pas d’un humour dont on ne retient que le côté cocasse comme dans City Hunter ou Love Hina. Il ne s’agit pas non plus d’un humour uniquement basé sur les jeux de mots ou les quiproquos comme dans les œuvres de Rumiko Takahashi.

Non, Yotsuba, c’est un humour tendre et émouvant. Et c’est de cela dont on se souvient quand on songe à l’héroïne aux cheveux verts. Mis à part la coupe de cheveux complètement loufoque de Yotsuba, l’humour passe avant tout grâce aux personnages authentiques et hauts en couleur qui donnent toute sa saveur à la série.

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Prenons l’exemple de Koiwaï, le père de l’enfant. Il ne donne absolument pas l’image du tuteur idéal : il est capable de partir dans des tripes hallucinnants avec son ami Jumbo sous les yeux de sa fille, qui tempère parfois ses ardeurs ! Pour continuer, n’oublions pas de préciser qu’il entretient une barbe de 2/3 jours et se balade la plupart du temps en caleçon.

Les apparences sont trompeuses: on apprend dès la fin du tome 1 qu’il a adopté Yotsuba. Voilà donc un papa attentionné et responsable, qui prend tout de suite plus d’ampleur. En dépit de ce côté négligé, Koiwaï est un bon parent qui n’hésite pas à faire des remontrances dès que cela s’avère nécessaire.

Quand l’expressivité prend tout son sens

 

Ce qui est appréciable dès le départ avec cette série, c’est qu’elle possède un dessin unique, que l’on reconnaît entre mille. C’est la marque de grands maîtres et Kiyohiko Azuma l’a bien compris.

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Mais le mangaka ne s’est pas contenté d’avoir un style graphique peu commun : non-content de cette prouesse, Yotsuba est une oeuvre où l’expressivité de ses acteurs prend tout son sens. Les visages  sont impressionnants de variétés, à croire que le dessinateur possède une palette d’expressions infinies.

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Le style fin et simple qu’utilise Azuma permet donc de rendre ses héros plus vivants que jamais malgré leur excentricité. Je parle des visages, mais je tiens à préciser que les planches  fourmillent de détails superbes au niveau des décors.

Yotsuba et ses héros useful

 

Il n’existe pas de personnages qui n’a pas sa place dans Yotsuba. Toutes les nouvelles têtes que nous sommes amenés à découvrir sont à chaque fois un pilier pour « l’histoire » et l’évolution de la fillette.

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Voici l’exemple de la famille Ayase. Elle est une sorte d’idéal familial Japonais avec  un père et une mère respectables, 3 filles sans histoire aux caractères biens distincts. On peut considérer qu’ils permettent à la petite fille un certain équilibre : bien que son père l’ait toujours choyée, il manque une présence féminine chez Koiwaï pour représenter le côté maternel qu’est censé connaître un enfant.

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Mamans et sœurs de substitutions pour l’héroïne, les Ayase participent activement à son éducation. Ena représente la sœur dont on se sentirait la plus proche à l’âge de Yotsuba, celle que l’on recopie un peu et que l’on colle à longueur de journée. Fuka serait plutôt la grande soeur protectrice tandis qu’Asagi s’impose comme l’élément le plus stable et le moins présent, qui veille au loin, au sommet de la pyramide familiale.

Attardons-nous maintenant sur le pauvre Jumbo. Il tombe éperdument amoureux d’Asagi sans que cet amour ne soit (pour le moment) réciproque et connu. Il a tendance à se servir de Yotsuba pour conquérir l’élu de son cœur… Mais il serait bête de ne voir en Jumbo qu’un simple opportuniste. Il aime véritablement la fillette, même s’il se sert gentiment de son innocence pour approcher Asagi. C’est un véritable tonton pour  elle, gentil et protecteur.

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Attaquons-nous à Yanda maintenant. Il débarque dans le tome 5 et  Yotsuba le déteste presque d’office. Il se joue d’elle, de sa naïveté et celle-ci fera tout pour se venger de ses sarcasmes, de ses entourloupes. Bien que servant essentiellement de gimmick desquelles découlent des joutes verbales  hilarantes, Yanda lui permet  de grandir à sa façon : il lui apprend à se montrer plus maligne et à gagner en répartie, transcendant son rôle comique.

Je pourrais continuer ainsi très longtemps. Ceci vous donne une vague idée de la richesse et de l’importance de chacun dans ce récit. Même Cartox ! Oui, je vous l’assure !

Yotsuba slice of life

 

A travers sa galerie de personnages, nous pouvons suivre via le quotidien de Yotsuba les déboires sentimentaux de Fuka, la vie professionnelle de son père, sa relation avec son entourage, ect… Sans être une vaste critique de la société, le manga dépeint un portrait tout en justesse de la vie  du Japonais moyen.

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Des courses au voyage à la plage, tout y passe. Il y a de quoi faire, ce n’est pas la matière qui risque de  manquer ! Jusqu’à maintenant, le mangaka a toujours réussi à narrer avec talent les facéties de la fillette, espérons que cela continue !

Des sujets plus sombres à explorer

 

On a tendance à l’oublier, mais Yotsuba est une orpheline, adoptée par Koiwaï au cours de l’un de ses voyages. Lorsque cette nouvelle est annoncée d’abord par Jumbo puis confirmée par le père, rien n’est dramatisé. Cependant on peut imaginer qu’on en viendra à explorer le sujet tôt ou tard, ce qui pourrait s’avérer être très intéressant d’un point de vue narratif et apporter un degré supplèmentaire de maturité à la série.

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De plus, nous ignorons pourquoi, mais Yotsuba a une peur bleue des épouvantails. Si au départ, cela n’apporte qu’un élément comique en plus, on est en droit de se demander si les origines de cette peur ne connaissent pas des fondements plus tragiques…

Enjoy Everything !

 

Pour finir, quelques chiffres et informations pour vous donner encore plus envie de découvrir la petite sœur de mes rêves !

« –Yotsuba est classé 9ème dans le top de My Anime List avec une note de 8.92/10 et 8681 votes, devant Naruto, Bleach, Death Note, Mushishi, ect…

-La série a fait l’objet d’un excellent dossier sur manga news: Dossier manganews

-Le tome 10 sortira à l’automne et ce sera l’occasion pour la série de voir ses 2 premiers tomes réimprimés pour l’occasion : Retour de Yotsuba

-Yotsuba existe depuis 10 ans déjà !
-L’auteur n’a toujours pas donné son accord pour adapter l’oeuvre en anime.

-Yotsuba signifie trèfle à quatre feuille, à l’image de la coupe de cheveux de l’héroïne.

-En 2006, Yotsuba&! a reçu le Prix d’Excellence des Mangas du Japan Media Arts Festival

– En 2008, Yotsuba&! était sélectionné au 12ème Prix culturel Osamu Tezuka et dans la catégorie Meilleure Publication pour la Jeunesse au Will Eisner Award. »

Source: Wikipédia.

2 réflexions sur “[Critique Manga] Yotsuba To

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